
L’Assemblée générale des Nations unies a adopté vendredi la résolution A/80/L.104, intitulée « Correct the Map », portée par le Togo au nom du Groupe africain à l’ONU. Soutenue par l’Union africaine, cette initiative vise à promouvoir l’utilisation de projections cartographiques à superficies égales, notamment Equal Earth, afin de mieux refléter les dimensions réelles des continents et de corriger les distorsions associées à la projection de Mercator.
L’Assemblée générale des Nations unies a approuvé vendredi la résolution A/80/L.104, consacrée à une représentation plus fidèle des superficies terrestres sur les cartes du monde. Le texte, porté par le Togo et le Groupe africain à l’ONU, s’inscrit dans une initiative soutenue par l’Union africaine. Celle-ci avait déjà endossé la démarche lors de son Assemblée en février dernier.
À travers cette résolution, les États entendent promouvoir des cartes à superficies proportionnelles, notamment la projection Equal Earth, dans les établissements scolaires, les médias et les institutions internationales.
La projection de Mercator au cœur des critiques
La résolution s’attaque à l’usage largement répandu de la projection de Mercator, élaborée au XVIᵉ siècle principalement pour faciliter la navigation maritime. Si cette projection présente un intérêt pour la navigation, elle entraîne d’importantes déformations visuelles des superficies. Plus une région est éloignée de l’équateur, plus sa superficie apparaît agrandie sur la carte.
Cette distorsion donne l’impression que le Groenland est comparable à l’Afrique en termes de superficie. Dans la réalité, le continent africain est environ 14 fois plus vaste que le Groenland. L’initiative « Correct the Map » entend ainsi favoriser une représentation cartographique qui permette au public de mieux appréhender les dimensions réelles des différentes régions du monde.
Equal Earth pour une représentation plus fidèle
Parmi les projections mises en avant figure Equal Earth, une projection cartographique conçue pour représenter les superficies de manière proportionnelle et qui conserve une représentation visuellement équilibrée du globe.
Pour ses promoteurs, son utilisation dans les écoles, les médias et les institutions internationales permettrait de réduire les biais visuels hérités de certaines représentations cartographiques traditionnelles.
Au-delà de la précision géographique, les défenseurs de l’initiative estiment que la manière dont le monde est représenté sur une carte influence également la perception que les populations ont de l’importance, de l’étendue et du poids relatif des différentes régions.

L’Union africaine salue une « étape historique »
L’Union africaine a salué l’adoption de la résolution et a félicité la délégation togolaise et le Groupe africain à l’ONU. Dans sa réaction, l’organisation panafricaine a présenté cette adoption comme une « étape historique vers une représentation cartographique mondiale précise et équitable« .
Pour l’Union africaine, la projection de Mercator a pendant longtemps contribué à une représentation visuelle déformée de l’Afrique. La nouvelle résolution doit, selon elle, permettre que les cartes du monde utilisées dans les salles de classe, les médias et les institutions internationales reflètent davantage les dimensions réelles du continent.
Derrière le débat technique sur les projections cartographiques se trouve également une question de représentation. Les promoteurs de « Correct the Map » considèrent que les cartes ne sont pas de simples outils géographiques : elles participent à la construction de notre perception du monde.




