Mutinerie à Niamey : « Nous sommes contre la déstabilisation du Niger aujourd’hui et nous le serons demain », Wilfried Houngbédji


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Mutinerie à Niamey : "Nous sommes contre la déstabilisation du Niger aujourd’hui et nous le serons demain", Wilfried Houngbédji
Wilfried Léandre Houngbédji

Accusé par les autorités nigériennes d’avoir envisagé un appui extérieur aux éléments impliqués dans la mutinerie survenue à la base aérienne 101 de Niamey, le Bénin rejette fermement ces allégations. En conférence de presse ce vendredi 4 septembre 2026, le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbédji, a réaffirmé la volonté de Cotonou de voir les relations avec Niamey se normaliser.

La tension entre le Bénin et le Niger s’est de nouveau invitée dans l’actualité après les accusations faisant état d’une implication présumée de Cotonou dans des projets de déstabilisation du Niger. Ces allégations font suite au témoignage du capitaine Roger Gabriel, diffusé mardi par la Radio Télévision du Niger (RTN).

Dans son intervention, l’officier a évoqué plusieurs scénarios présumés d’intervention extérieure en soutien aux éléments impliqués dans les affrontements survenus à Niamey. L’un de ces scénarios aurait notamment impliqué le Bénin, avec un appui de la Côte d’Ivoire et de forces spéciales françaises.

Des accusations que le porte-parole du gouvernement béninois balaie avec fermeté. Interrogé à ce sujet, Wilfried Léandre Houngbédji a estimé que « personne raisonnablement ne croit aux allégations qui ont été formulées contre le Bénin ».

 « Le Bénin n’est pas l’ennemi du Niger »

Au micro d’Afrik.com, Wilfried Léandre Houngbédji a appelé à ne pas laisser ces accusations détourner les autorités béninoises de leurs priorités. Selon lui, le gouvernement doit avant tout se concentrer sur les efforts de développement du pays.

Le porte-parole a toutefois saisi l’occasion pour réaffirmer la position de Cotonou à l’égard du Niger. Il a assuré que le Bénin reste opposé à toute entreprise visant à déstabiliser son voisin, hier comme aujourd’hui.

« Pour les mêmes raisons qui ont fait qu’hier nous avons été contre la déstabilisation du Niger, pour ces mêmes raisons, nous sommes contre la déstabilisation du Niger aujourd’hui et nous le serons demain », a-t-il déclaré.

Pour le gouvernement béninois, cette position découle des liens historiques, sociaux et culturels entre les deux peuples. « Ce sont nos frères, ce sont nos parents, les populations sont les mêmes de part et d’autre des frontières », a rappelé Wilfried Léandre Houngbédji.

Vers une normalisation des relations entre Cotonou et Niamey ?

Malgré les tensions persistantes entre les deux pays, le porte-parole du gouvernement béninois s’est dit convaincu qu’une normalisation des relations reste possible. Il espère que les autorités nigériennes finiront par comprendre que le Bénin ne constitue pas une menace pour le Niger.

« La conviction du gouvernement, c’est qu’à un moment ou à un autre, nos frères du Niger comprendront que le Bénin n’est pas leur ennemi et que les relations vont se normaliser », a-t-il affirmé.

Wilfried Léandre Houngbédji a également souhaité que les débats autour de ces accusations ne prennent pas le pas sur les préoccupations de développement du Bénin. Il a invité les uns et les autres à privilégier les sujets jugés plus utiles aux populations.

Le porte-parole a enfin exprimé l’espoir que Cotonou ne soit plus, à l’avenir, accusé de manœuvrer contre les autorités nigériennes. « Nous ne nous retrouvons nullement » dans les objectifs évoqués dans les accusations, a-t-il insisté.

Retour sur la mutinerie de la base 101 de Niamey

La mutinerie a commencé dans la nuit du 28 au 29 août 2026 à la base aérienne 101, située à proximité de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey. Des éléments du Bataillon spécial de reconnaissance du Commandement des opérations spéciales (BSR/COS) se sont soulevés et ont retenu certains de leurs camarades. Des tirs et des affrontements ont également été signalés autour de plusieurs sites stratégiques de la capitale, dont les abords du palais présidentiel.

Après plusieurs heures de combats, les forces restées fidèles au régime ont repris le contrôle de la base 101. Les militaires russes de l’Africa Corps ont apporté leur soutien aux forces nigériennes lors de la reconquête du site. Des dizaines de mutins ont été tués ou arrêtés selon des sources concordantes, mais les autorités nigériennes n’ont pas communiqué de bilan humain global et définitif.

Un bilan officiellement établi fait toutefois état de trois éléments de la Garde présidentielle tués lors des affrontements. Ils ont été inhumés le 31 août à Niamey.

Au lendemain des affrontements, les Forces de défense et de sécurité nigériennes ont par ailleurs annoncé la récupération d’un important arsenal sur la base 101, comprenant notamment 34 véhicules Toyota pick-up équipés d’armes de bord et deux véhicules blindés légers, dont un détruit, ainsi que des munitions et des équipements de communication.

Casimir Vodjo Kpenou
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Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
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