Niger : la mutinerie à Niamey contenue, des dizaines de militaires arrêtés


Lecture 5 min.
Niger : le ministre de la Défense évoque un "mouvement d’humeur" de soldats à la base 101
Salifou Mody

Une mutinerie menée samedi 29 août à Niamey par des militaires nigériens a visé plusieurs sites stratégiques, dont le palais présidentiel, la télévision nationale et la base aérienne située à proximité de l’aéroport international Diori Hamani. Les autorités affirment avoir repris le contrôle de la situation. Des dizaines de militaires ont été arrêtés ou neutralisés et aucun bilan humain officiel définitif n’a encore été publié.

La capitale nigérienne a été le théâtre, samedi, de plusieurs heures de tirs et d’explosions après une tentative de soulèvement de militaires contre les autorités dirigées par le général Abdourahamane Tiani. Les affrontements ont notamment concerné la base aérienne 101, implantée dans l’enceinte de l’aéroport Diori Hamani, ainsi que les secteurs abritant le palais présidentiel et les institutions gouvernementales. Le signal de la télévision nationale a également été interrompu pendant un peu plus d’une heure avant de reprendre dans la matinée.

Des combats autour de la présidence et de l’aéroport

Le ministère nigérien de la Défense a affirmé que des soldats mutins avaient retenu des militaires dans une caserne avant d’ouvrir le feu sur plusieurs « sites sensibles ». Dans un communiqué lu à la télévision nationale, le général Salifou Mody a déclaré que les forces de défense et de sécurité avaient progressivement repris le contrôle des positions concernées. Dimanche, les autorités ont annoncé avoir récupéré le contrôle de la base militaire située à l’aéroport.

Selon les informations diffusées, les militaires impliqués dans la mutinerie ont tenté d’atteindre le palais présidentiel. La garde présidentielle a repoussé leur progression. Des véhicules blindés ont été déployés dans plusieurs secteurs de Niamey, notamment aux abords de l’aéroport et des zones administratives. Des barrages et des contrôles ont également été installés sur plusieurs axes de la capitale après les affrontements.

Des dizaines de militaires arrêtés

Les combats ont duré plusieurs heures au cours de la journée de samedi. Une partie des militaires impliqués s’est rendue après des négociations, tandis que d’autres ont continué à résister dans la zone de la base aérienne. Les forces restées loyales au pouvoir ont ensuite lancé une opération pour reprendre les positions occupées. La situation était annoncée comme calme dimanche, même si des contrôles de sécurité demeuraient en place dans la capitale.

La télévision nationale nigérienne a diffusé des images montrant plusieurs dizaines de militaires arrêtés après les affrontements. Des soldats, pour la plupart jeunes, apparaissent sur ces images regroupés et placés sous surveillance. Les autorités n’ont pas publié de liste complète des personnes arrêtées ni précisé leurs grades et leurs unités. Des femmes figurent également parmi les militaires montrés à l’écran.

Des unités des forces spéciales impliquées

Le nombre exact de morts et de blessés reste également indéterminé. Des sources citées par les médias internationaux font état de militaires tués ou arrêtés, mais le gouvernement nigérien n’a pas communiqué de bilan humain définitif. Des opérations de recherche et de contrôle se sont poursuivies après la fin des affrontements dans différents secteurs de Niamey.

Les militaires à l’origine de la mutinerie appartiendraient à plusieurs unités de l’armée nigérienne, notamment aux Forces spéciales. Des soldats venus de différentes régions, dont Tillabéri et Dosso, auraient rejoint Niamey avant les affrontements. Les Forces spéciales constituent une composante de l’armée engagée dans les opérations contre les groupes jihadistes actifs dans l’ouest du Niger et dans les zones frontalières avec le Mali et le Burkina Faso.

Présence de personnels russes et italiens sur le site

Le ministre de la Défense, Salifou Mody, avait initialement qualifié les événements de « mouvement d’humeur » d’un groupe de soldats en rupture avec le règlement militaire. Les autorités nigériennes ont ensuite décrit les faits comme une tentative de déstabilisation. La Confédération de l’Alliance des États du Sahel, qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso, a également dénoncé une tentative de déstabilisation et déclaré que celle-ci avait été contenue par les forces loyalistes.

Des sources font état d’un soutien aérien et terrestre aux forces nigériennes restées fidèles au pouvoir. Reuters a également rapporté la présence de personnels russes et italiens sur le site aéroportuaire de Niamey avant les événements. La base aérienne 101 est située à proximité immédiate de l’aéroport international Diori Hamani. Elle accueille notamment des moyens aériens utilisés dans les opérations de lutte contre les groupes armés.

Reprise du contrôle des sites concernés

Le site avait déjà été visé par des attaques djihadistes en janvier et en juin 2026, selon les informations rapportées par plusieurs médias. Le général Abdourahamane Tiani dirige le Niger depuis le coup d’État de juillet 2023, qui avait renversé le président élu Mohamed Bazoum. La junte avait ensuite pris le contrôle des institutions du pays et engagé une réorientation de la politique extérieure du Niger.

Depuis cette prise de pouvoir, le Niger forme l’Alliance des États du Sahel avec le Mali et le Burkina Faso. Les trois pays ont également quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les autorités nigériennes ont désormais annoncé le retour au calme à Niamey et la reprise du contrôle des sites concernés par la mutinerie. Les opérations de sécurité se poursuivent dans la capitale, tandis qu’aucun bilan officiel définitif des victimes des affrontements n’a encore été communiqué.

Etienne Dione
Très attaché à l’Afrique Centrale que je suis avec une grande attention. L’Afrique Australe ne me laisse pas indifférent et j’y fais d’ailleurs quelques incursions
Newsletter Source préférée