
Le Palais des Congrès de Yaoundé a accueilli ce jeudi la cérémonie solennelle d’ouverture de la 14e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (CM14). Dans un contexte de réformes globales, le Cameroun place l’Afrique au cœur des enjeux du commerce international pour une croissance plus équitable.
La capitale camerounaise est devenue le centre névralgique des échanges internationaux avec le lancement officiel de la CM14. Cette session historique, la première organisée en Afrique centrale et la deuxième sur le continent, rassemble près de 4 000 délégués venus de plus de 160 pays membres. Placée sous le signe de la réforme et du développement, cette rencontreveut accélérer l’intégration des économies émergentes dans le système global.
Un « New Deal » pour un multilatéralisme plus juste
Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce du Cameroun et président de la CM14, a ouvert la série des allocutions par un message empreint de fraternité et d’ambition. Saluant la confiance placée en son pays, il y a vu une reconnaissance de l’engagement du Président Paul Biya pour un multilatéralisme équitable. Le ministre a exhorté ses pairs à faire de « Yaoundé le premier pas d’un New Deal pour l’OMC », insistant sur deux priorités vitales : la sécurité alimentaire et le recentrage des politiques commerciales sur le développement.

À sa suite, la Dre Ngozi Okonjo-Iweala, Directrice générale de l’OMC, a plaidé pour une réforme profonde de l’institution afin de garantir sa pertinence au XXIe siècle. Elle a révélé que malgré les tensions géopolitiques, 22 économies frappent actuellement à la porte de l’organisation, prouvant la vitalité du système. Un point d’honneur a été mis sur la « remondialisation », un concept visant à diversifier les chaînes d’approvisionnement mondiales en y intégrant davantage de pays africains.
Financement et actions concrètes pour l’économie numérique
La cérémonie a également donné la parole à des partenaires stratégiques. Le Dr George Elombi, représentant Afreximbank, a souligné le rôle crucial du financement pour transformer les structures commerciales africaines et soutenir la Zone de Libre-échange Continentale Africaine (ZLECAF). De son côté, le vice-président de la Gambie, portant la voix de l’Afrique de l’Ouest, a insisté sur l’importance du traitement spécial et différencié pour protéger les économies vulnérables.
Au nom du Chef de l’État, le Premier ministre Chief Dr Joseph Dion Ngute a officiellement déclaré les travaux ouverts, réaffirmant la position du Cameroun comme avocat d’un commerce régulé mais protecteur des intérêts nationaux.
Des annonces majeures ont marqué cette première journée :
- Subventions à la pêche : Dépôt formel des instruments d’acceptation par plusieurs membres pour protéger les océans et les moyens de subsistance des communautés côtières.
- Fonds WEIDE : Une avancée concrète pour le Fonds pour les femmes exportatrices dans l’économie numérique, avec 300 entrepreneures déjà accompagnées et 1,7 million de dollars en cours de décaissement.
- Savoir-faire local : Une foire-exposition mettant en avant l’agro-alimentaire et l’artisanat camerounais, illustrant la volonté d’intégrer les PME locales dans les chaînes de valeur mondiales.
L’Afrique attend désormais de cette CM14 des avancées tangibles sur la réduction des coûts commerciaux et l’amélioration des infrastructures numériques pour stabiliser durablement l’économie du continent.



