Affaire Zakaria Moumni : l’ex-ministre de l’Intérieur, Mohand Laenser, sort de son silence

L’ex-ministre marocain de l’Intérieur, Mohand Laenser, est sorti de son silence dans l’affaire qui oppose le boxeur franco-marocain Zakaria Moumni à l’Etat marocain.

L’ancien ministre marocain de l’Intérieur et actuel ministre de l’Urbanisme, Mohand Laenser, a reconnu avoir eu des contacts avec l’ancien champion de boxe thaï Zakaria Moumni. Ce dernier affirme avoir été torturé dans le centre de la DGST à Témara, au Maroc. Le ministre a indiqué à Akhbar Al Yaoum qu’il a appelé « deux ou trois fois » Zakaria Moumni « après qu’il ait interpellé à plusieurs reprises l’Etat marocain, pour savoir ce qu’il demandait ».

Zakaria Moumni réclamait un poste de conseiller au ministère marocain des Sports, un droit auquel peut prétendre n’importe quel champion international marocain en vertu d’un décret royal de 1967. Mais selon Mohand Laenser, le champion de boxe aurait décliné l’offre qui lui aurait été faite de travailler au ministère de la Jeunesse et des Sports, préférant une aide financière suite à sa situation après son arrestation.

Info ou intox ?

Le ministre lui aurait donc demandé d’effectuer sa demande par écrit. « Le ministère a reçu une lettre qui demandait une somme conséquente de 6 milliards de centimes, signé par Zakaria Moumni et son épouse française », a ajouté Mohand Laenser au quotidien. « Par contre, ses affirmations sur la compassion du roi pour son sort et la protection dont bénéficient ceux qui l’auraient torturé sont de la pure fiction », a dit le ministre.

Dans une déclaration au site Goud, Zakaria Moumni a réagi aux propos de Laenser en affirmant qu’il a reçu plus d’une vingtaine d’appels de la part du ministre, et qu’il garde toujours les enregistrements. Il affirme que depuis leur premier contact en mars 2012, Laenser lui aurait expliqué, lors de plusieurs conversations, que « le roi sait qu’il est victime d’injustice et qu’il a confié le dossier à son ministre ». Zakaria Moumni a également nié avoir réclamé la somme d’argent mentionné par le ministre, précisant n’avoir « jamais manqué de rien ».

L’un des avocats dépêchés par le Maroc dans cette affaire affirme détenir des documents qui « prouvent tout le contraire ». Il s’agirait d’une lettre envoyée le 23 avril 2012 et dans laquelle Moumni demande 4,9 millions d’euros pour construire un club sportif à Paris.

Zakaria Moumni avait été emprisonné au Maroc pour avoir, selon la justice marocaine, soutiré de l’argent (1 200 euros) à deux Marocains en leur promettant de leur trouver du travail en France. Une accusation que le boxeur a toujours contestée, assurant n’avoir jamais rencontré ses deux accusateurs. Ce serait, selon lui, ses demandes incessantes pour intégrer le ministère des Sports marocain qui l’auraient mené en prison. Il fait partie des personnes ayant déposé plainte en février dernier contre le royaume et Abdellatif Hammouchi, le Directeur général de la surveillance du territoire (DGST), pour tortures.