Oiseaux de nuit égyptiens

Paru au Caire en 1991,  » Equipe de nuit  » est l’oeuvre de l’Egyptien Ibrahim Aslân, autodidacte de l’écrit. Les Editions Actes Sud la font découvrir au public français.

Le style a quelque chose de nonchalant, malgré la précision et le dépouillement de l’écriture. Une certaine langueur se dégage de cet étrange petit livre. Ce dernier nous plonge dans l’univers de Sulaymân qui travaille dans l’équipe de nuit des Télécommunications du Caire.

L’auteur, Ibrahim Aslân, est fils d’un employé des Postes et a été lui-même employé des Postes au Caire. Un univers qu’il connaît bien donc, et dont il explore l’une des facettes. La nuit enveloppe pratiquement chaque scénette du livre et donne cette atmosphère mystérieuse qui colle à l’ouvrage. La routine devient un peu inquiétante, et certains personnages semblent être au bord de la folie.

Oscillant entre style direct et style indirect, Ibrahim Aslân effleure quelques personnages : Sulaymân bien sûr, observateur silencieux de son petit monde, et qui voue une passion à des objets inutiles, et pourtant irrésistibles, qu’il trouve aux Puces. ‘Amm Bayyoumi qui prend sa retraite le jour de l’an, et porte son dernier télégramme à une vieille femme qu’il semble si bien connaître…

Télégramme meurtrier

Ou encore ‘amm Guirguis qui raconte le nombre de morts que son métier a occasionné :  » Elle aurait pu mourir (…) Il se peut qu’elle ait un fils malade ou en voyage, une fille qui se fait opérer ou qui accouche, n’importe quoi. Tu dis  » télégramme « , elle meurt. (…) Ca m’est arrivé deux fois. (…) Je dis télégramme, elle tombe raide. (…) C’est une proportion raisonnable en trente ans de distribution.  »

Entre les télégrammes à rédiger, la cérémonie du thé et les discussions politiques, les personnages livrent leurs secrets. Une chronique en clair-obscur à lire aux Editions Actes Sud.

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