
La République démocratique du Congo lance sa campagne pour la direction de l’Organisation internationale de la Francophonie avec Juliana Lumumba en première ligne. En tournée diplomatique, la candidate multiplie les rencontres pour rallier des soutiens avant le sommet de 2026.
L’effervescence diplomatique monte d’un cran à Kinshasa. Alors que le prochain sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) se profile pour novembre 2026 à Siem Reap, au Cambodge, la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement lancé sa machine de guerre pour conquérir le secrétariat général. Au cœur de cette stratégie, une figure au nom chargé d’histoire : Juliana Lumumba. La fille de l’illustre Patrice Lumumba, ancienne ministre, multiplie désormais les escales internationales pour porter l’ambition d’une Francophonie renouvelée.
Un marathon africain pour poser les premiers jalons
Juliana Lumumba n’a pas de temps à perdre. Si certains observateurs à Kinshasa estiment que la campagne congolaise a démarré avec un léger retard, la candidate compense par une intensité de terrain remarquable. En une seule semaine, elle a déjà parcouru six pays du continent. Cette tournée vise à verrouiller des soutiens stratégiques, en naviguant entre des nations historiquement proches de la RDC, telles que le Togo, la Mauritanie ou le Cap-Vert, et des terrains diplomatiques plus nuancés comme le Sénégal ou la Guinée.
L’objectif est clair : engranger un maximum d’appuis avant les grandes échéances de l’année. La candidate ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, puisque des étapes cruciales en Côte d’Ivoire et en Angola sont déjà programmées. Bien que l’Angola soit une nation lusophone, son statut d’observateur à l’OIF et ses liens étroits avec Kinshasa en font un allié de poids dans cette quête d’influence régionale.
La conquête de l’Occident et le verrou helvétique
Après l’Afrique, le cap est mis sur le Nord. Juliana Lumumba s’apprête à entamer une tournée européenne et canadienne, des zones d’influence historiques de l’espace francophone. Parallèlement à ses déplacements, le gouvernement congolais déploie ses diplomates de haut rang. Ce mardi 14 avril 2026, Crispin Mbadu, ministre délégué en charge de la Francophonie, a été reçu à Berne par Alexandre Fasel, le secrétaire d’État suisse aux Affaires étrangères.
Cette escale en Suisse n’est pas fortuite. Berne est un pilier du multilatéralisme et de la médiation au sein de l’OIF. En portant le message du président Félix Tshisekedi, la diplomatie congolaise cherche à convaincre que la RDC, premier pays francophone par sa démographie, doit désormais occuper une place à la mesure de son poids culturel et linguistique.
Le sommet de Nairobi comme juge de paix
Face à la secrétaire générale sortante, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, qui brigue un troisième mandat, Juliana Lumumba mise sur une vision plus inclusive de l’organisation. Elle plaide pour une Francophonie qui réponde davantage aux réalités concrètes des pays membres, tout en restant un levier de paix et de coopération.
Le prochain grand test pour la candidate congolaise se jouera au Kenya, lors du Sommet Afrique-France prévu les 11 et 12 mai prochains à Nairobi. Ce rendez-vous sera une tribune capitale pour convaincre les 90 États et gouvernements que compose la famille francophone.




