Migrants expulsés des États-Unis : les six derniers cas qui maintiennent la pression sur la RDC


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Kinshasa accueil migrants expulsés Etats-Unis
Kinshasa accueil migrants expulsés Etats-Unis Crédit : Image générée par IA

Près de deux mois après l’arrivée en République démocratique du Congo d’un groupe de migrants transférés depuis les États-Unis, le gouvernement congolais affirme que le processus suit son cours. Neuf des quinze personnes accueillies dans le cadre de ce dispositif ont déjà quitté le territoire congolais pour regagner leurs pays d’origine. Mais six migrants se trouveraient encore en RDC. Leur sort, les conditions de leur départ et la question du caractère volontaire des retours entretiennent le flou autour d’un accord qui avait suscité une vive polémique à Kinshasa.

Dans un communiqué publié ce vendredi 5 juin, les autorités congolaises ont indiqué que plus de la moitié des ressortissants admis sur le territoire national le 17 avril dernier avaient déjà achevé leur parcours de retour. Selon Reuters, neuf migrants sont concernés, dont quatre Péruviens et cinq Colombiens. Les six personnes encore présentes seraient trois Colombiens et trois Équatoriens. Le gouvernement assure que d’autres départs sont prévus dans les prochains jours, conformément au calendrier initial.

Cette précision vise à rassurer l’opinion publique qui s’était montrée particulièrement sceptique lors de l’annonce de l’accord. Dès le lancement du dispositif, Kinshasa avait insisté sur son caractère « temporaire » et « transitoire », affirmant que les migrants concernés ne resteraient pas durablement en RDC.

Six migrants encore en attente de départ

C’est précisément cette interrogation qui avait alimenté la polémique. que deviennent les personnes qui n’ont pas encore quitté la RDC ? Plusieurs partis de l’opposition et des organisations de la société civile craignaient que le pays ne devienne une destination permanente pour des ressortissants de pays tiers transférés depuis les États-Unis.

Le gouvernement congolais assure aujourd’hui que ce scénario n’est pas à l’ordre du jour. Les personnes encore présentes sur le territoire seraient toujours engagées dans le processus de retour vers leurs pays d’origine ou dans des démarches de réinstallation vers d’autres destinations. Aucune information officielle détaillée n’a toutefois été donnée sur leur calendrier de départ, leur statut actuel, ni sur les garanties dont elles bénéficient pendant cette période d’attente.

De l’avis des autorités, les premiers départs constituent la preuve que les engagements initiaux sont respectés. « Ces évolutions confirment le caractère strictement transitoire, temporaire et limité dans le temps de ce mécanisme », souligne le ministère de la Communication. Mais le communiqué ne précise pas si les retours déjà effectués l’ont été sur une base volontaire, un point sensible dans ce dossier. Sept migrants seraient repartis avec l’aide de l’Organisation internationale pour les migrations, tandis que deux autres auraient quitté la RDC par leurs propres moyens.

La fin progressive d’un dossier sensible ?

Même si une partie des migrants a déjà quitté la RDC, les critiques formulées au départ ne se sont pas complètement dissipées. Plusieurs acteurs politiques continuent de dénoncer le manque d’informations détaillées sur les modalités de l’accord conclu avec les autorités américaines. Des parlementaires avaient demandé des explications sur les conditions d’accueil des migrants, les responsabilités assumées par l’État congolais ainsi que les éventuelles contreparties diplomatiques de cette coopération avec l’administration du Président américain, Donald Trump. Mais le débat parlementaire réclamé sur le sujet n’a pas réellement eu lieu.

Le gouvernement congolais, pour sa part, cherche désormais à déplacer le débat. il ne s’agit plus de justifier l’accord, mais de démontrer qu’il touche progressivement à sa fin. Si les départs annoncés se poursuivent dans les semaines à venir, le dossier pourrait perdre une partie de sa charge polémique. Pour l’heure, le sort des migrants encore présents sur le territoire semble donc lié à la poursuite du processus engagé en avril.

La question n’est plus seulement de savoir s’ils resteront ou non en RDC. Elle porte désormais sur le rythme des derniers départs, les conditions dans lesquelles ils auront lieu, et le degré de transparence que Kinshasa acceptera d’apporter à ce dossier migratoire hautement sensible.

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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