
L’administration américaine étudie la possibilité de lancer des frappes contre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda et considéré comme l’organisation djihadiste la plus puissante du Sahel. Une telle intervention marquerait le retour direct des États-Unis sur le théâtre malien et pourrait accroître les tensions avec la Russie, dont les forces épaulent déjà l’armée de Bamako.
Les États-Unis pourraient bientôt ouvrir un nouveau front dans leur lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest. Selon des informations rapportées par le Washington Post, l’administration de Donald Trump examine la possibilité de mener des frappes ciblées contre le JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin), groupe affilié à Al-Qaïda qui étend son influence au Mali et dans plusieurs pays voisins.
Si cette option était validée, le Mali deviendrait le huitième pays visé par des frappes américaines depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, alors même que le président américain avait promis de réduire l’engagement militaire des États-Unis dans les conflits extérieurs.
Selon des responsables américains cités par le quotidien, les discussions sont toujours en cours au sein de l’administration et aucune décision définitive n’a encore été prise.
Le JNIM, une menace grandissante au Sahel
Le JNIM est aujourd’hui considéré comme l’un des groupes armés les plus puissants d’Afrique de l’Ouest. Au Mali, il a considérablement renforcé ses capacités opérationnelles ces derniers mois.
L’organisation est accusée d’avoir orchestré un blocus des approvisionnements en carburant ayant fortement perturbé l’économie malienne, avant de mener plusieurs attaques jusque dans la capitale, Bamako.
Le groupe est également présenté comme responsable de l’attentat-suicide du 25 avril ayant coûté la vie au ministre malien de la Défense, Sadio Camara.
Face à cette montée en puissance, certains responsables américains plaident pour une réponse militaire plus offensive. Selon le Washington Post, Sebastian Gorka, chargé de la lutte contre le terrorisme au Conseil de sécurité nationale, figure parmi les principaux partisans d’une intervention.
Toutefois, le département d’État américain n’a pas confirmé l’hypothèse d’une intervention militaire. Interrogé sur la position du secrétaire d’État Marco Rubio, il s’est contenté de rappeler que les États-Unis condamnaient « sans équivoque » les activités terroristes au Mali.
La présence russe complique l’équation
Une intervention américaine au Mali soulèverait toutefois d’importants défis géopolitiques. Depuis les ruptures diplomatiques intervenues entre Bamako et ses partenaires occidentaux, les autorités maliennes ont renforcé leur coopération militaire avec la Russie. Après le groupe Wagner, c’est désormais Africa Corps qui accompagne les Forces armées maliennes dans leurs opérations contre les groupes djihadistes.
Cette présence russe fait craindre un risque de confrontation indirecte entre Washington et Moscou.
En effet, une campagne de frappes américaines pourrait conduire les deux puissances à évoluer simultanément sur le même théâtre d’opérations, comme ce fut le cas en Syrie, où un mécanisme de « déconfliction » avait été instauré afin d’éviter tout incident entre les armées américaine et russe.
Par ailleurs, plusieurs organisations de défense des droits humains accusent les forces maliennes et leurs partenaires russes d’exactions contre les populations civiles lors des opérations antiterroristes. Selon des données du projet ACLED, citées par le Washington Post, les opérations menées conjointement par l’armée malienne et ses alliés russes auraient causé davantage de victimes civiles que les attaques imputées aux groupes djihadistes au cours de l’année écoulée. Des accusations que Bamako a toujours rejeté.




