Obama au Ghana : une visite à la fois symbolique et intéressée


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Barack Obama a choisi le Ghana pour son premier voyage en Afrique subsaharienne. Il y est attendu ce vendredi soir pour un séjour d’un peu plus de 24 heures. Cette visite est considérée comme un encouragement pour la démocratie ghanéenne. Mais elle est aussi motivée par des intérêts économiques. Le Ghana deviendra producteur de pétrole à partir de 2010.

Les Ghanéens sont heureux ! Leur pays a été choisi pour accueillir le premier voyage en Afrique subsaharienne du président Barack Obama. Certes, ce n’est pas la première fois qu’un chef d’Etat américain se rend dans ce pays, mais cette « visite d’Obama, c’est autre chose », explique un mécanicien interrogé par l’AFP. « Il est africain et il comprend les difficultés économiques des pays africains », ajoute-t-il.

Ils sont nombreux, comme ce mécanicien, à considérer que cette visite du président américain au Ghana vise à encourager les progrès réalisés par ce pays en matière de démocratie et de bonne gouvernance. Barack Obama, lui-même, a d’ailleurs expliqué qu’il lui fallait se rendre dans « un pays où l’on puisse parler de démocratie et de liberté ». Nombreux sont-ils également à attendre de ce voyage des retombées économiques. Dans le domaine touristique, par exemple, la visite du président américain à Cape Coast, localité située à deux heures de route de la capitale Accra, et d’où ont été embarqués beaucoup d’esclaves, pourrait inciter davantage les Afro-américains à aller à la quête de leurs racines au Ghana.

« J’espère qu’il ne vient pas que pour notre pétrole »

Dans cette euphorie générale, certains Ghanéens gardent, heureusement, la tête sur les épaules. Et analysent avec un peu plus de recul ce voyage du président américain. Un chauffeur de taxi, interrogé par l’AFP, affirme : « J’espère qu’il ne vient pas que pour notre pétrole, c’est connu que les Etats-Unis s’intéressent d’abord et avant tout à leurs intérêts ».

C’est pourtant ce que pense Patrick Morris, le Pdg de la Gold Star Resources. La compagnie pétrolière de l’Etat de Vancouver est à la recherche d’opportunités d’exploitation de pétrole et de gaz en Afrique de l’Ouest, notamment au Liberia, en Côte d’Ivoire et au Ghana. « Ce voyage du président américain, a-t-il déclaré à Fox Business, rentre dans la stratégie de la Maison Blanche visant à sécuriser une nouvelle source d’énergie sur le continent africain. » Les prévisions d’approvisionnement en pétrole du département de l’Energie semblent lui donner raison. A l’horizon 2020, les Etats-Unis tablent sur l’importation annuelle de 770 millions de barils de pétrole africain. Et 25% de ce chiffre devrait provenir de la partie occidentale du continent, contre 15% aujourd’hui.

Au Ghana, justement, une réserve d’environ 600 millions de barils de pétrole a été découverte au large du pays en 2007. Son exploitation commerciale devrait démarrer l’année prochaine avec une production journalière de 120 000 barils. Ce n’est pas tout. Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao, dispose également d’importantes ressources en or (le pays fut baptisé Gold Coast [Côte de l’or]) et en diamant.

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Stéphane Ballong
LIRE LA BIO
Stéphane Ballong est un journaliste franco-togolais spécialisé dans l'économie africaine. Diplômé de l'Université de Lomé, puis de l'École supérieure de journalisme de Lille et de Paris I Panthéon-Sorbonne. Iil a débuté sa carrière en 2008 comme responsable de la rubrique économie à Afrik.com. En 2009, il rejoint le groupe Jeune Afrique où il occupe successivement les postes de rédacteur, rédacteur en chef adjoint du service économie (2013-2017), rédacteur en chef central (2017-2021), puis directeur adjoint de la rédaction chargé de l'économie en 2022 France Medias Monde. Au sein de Jeune Afrique,. Depuis janvier 2023, il est rédacteur en chef du service Afrique de France 24
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