Nord-Mali : le front anti-putsch presse Bamako de déclarer la guerre aux islamistes

Le FDR, front anti-putsch regroupant quarante partis politiques maliens, pousse les autorités de Bamako à intervenir militairement dans le Nord-Mali, contrôlé depuis le mois d’avril par les islamistes du Mujao et d’Ançar Dine. Malgré l’accord conclu entre le pouvoir malien et la Cedeao pour lancer l’attaque, il reste à garantir un gouvernement de transition fiable et la résolution de l’ONU.

Après Kidal, Gao et Tombouctou, trois régions administratives du Nord-Mali, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) contrôle Douentza (au nord-est de Mopti-ville) depuis ce 1er septembre. Une prise de trop pour le Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR), qui presse Bamako de déclarer la guerre aux islamistes, le Mujao et Ançar Dine (groupe de Touaregs pro-charia), qui occupent le Nord-Mali depuis maintenant cinq mois.

Le front anti-putsch « demande instamment au président de la République (Dioncounda Traoré, ndlr) d’adresser, sans délai, à la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), à l’Union africaine et aux Nations unies la requête tant attendue aux fins d’interventions des forces africaines pour aider », souligne le communiqué du groupe de quarante partis politiques maliens, rapporte l’AFP. Et de s’insurger : « la prise de Douentza par le Mujao, à la barbe des forces armées et de sécurité massivement cantonnées à Sévaré (à environ 15 km à l’est de Mopti) » est un « affront intolérable » à l’armée. Avant d’exhorter Bamako à mettre fin à l’immobilisme : « Il est temps, grand temps de mettre fin aux tergiversations sur la question de la requête qui est la jauge de notre volonté politique et de notre détermination à nous engager dans la voie du recouvrement de l’intégrité de notre territoire. »

Bamako et la Cedeao soumis à la résolution de l’ONU

Interpellées par le FDR, les autorités maliennes et la Cedeao avaient trouvé un compromis le jeudi 16 août portant sur l’intervention militaire au Nord-Mali. D’un commun accord, elles avaient décidé que l’armée malienne mènerait les opérations et les forces de la Cedeao l’appuieraient par des frappes aériennes. Pour autant, les autorités maliennes comme la Cedeao sont soumises à la décision de l’ONU de valider ou non une résolution approuvant une intervention armée au Nord-Mali afin d’y déloger les islamistes du Mujao et d’Ançar Dine.

Pour cela, la Cedeao devrait d’abord s’organiser pour mobiliser la force militaire qui chapeautera la mission. Quant au gouvernement malien, il devra garantir un gouvernement de transition fiable à même de gérer le contexte politique en cas de guerre contre les islamistes.

Depuis maintenant plusieurs mois, le Mali est face à une très grave crise. Profitant d’un coup d’Etat le 22 mars à Bamako, les Touaregs du MNLA, le Mouvement national de libération de l’Azawad, s’étaient emparés du Nord du pays, avec la complicité de combattants islamistes. Des islamistes désormais au pouvoir dans la région, avec notamment le groupe Ançar Dine et le Mujao, tous deux liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique, AQMI.

Le FDR reproche à Bamako de tarder à déclarer la guerre aux islamistes, ce qui ne fait qu’aggraver la situation au Nord-Mali. D’où leur mot d’ordre : « des actions appropriées et immédiates » en vue de récupération des quatre régions administratives, Kidal, Gao, Tombouctou et Douentza, tombées l’une après l’autre aux mains des islamistes.

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