Nord-Mali : Ançar Dine accepte la médiation du Burkina Faso

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Désigné en mars dernier comme le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, pour ramener la paix au Mali, le Burkina Faso a envoyé un médiateur ce mardi dans le Nord du pays. Sa mission ? Rencontrer les groupes islamistes qui ont pris le contrôle de la région. La médiation du Burkina Faso a été acceptée par Ançar Dine, l’une des deux organisations religieuses qui dominent cette partie du pays.

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, s’est rendu ce mardi dans le Nord du pays pour y rencontrer les différents groupes islamistes au pouvoir dans la région. De passage à Kidal, fief de l’organisation Ançar Dine, il a rencontré le leader du mouvement, Iyad Ag Ghaly, qui dit accepter la médiation du président burkinabè, Blaise Campaoré, dans la résolution du conflit qui oppose depuis quelques mois les groupes islamistes au pouvoir central de Bamako. Ce dernier n’a toutefois pas précisé ce qui pourrait faire l’objet de négociations pour son groupe, qui souhaite imposer la charia dans tout le pays.

Depuis maintenant plusieurs mois, le Mali est face à une très grave crise. Profitant d’un coup d’Etat le 22 mars à Bamako , les Touaregs du MNLA, le Mouvement national de libération de l’Azawad, s’étaient emparés du Nord du pays, avec la complicité de combattants islamistes. Des islamistes désormais au pouvoir dans la région, avec notamment le groupe Ançar Dine et le Mujao, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, tous deux liés à Al Qaeda au Maghreb islamique, Aqmi.

La Cedeao au chevet du Mali

Réunis en sommet extraordinaire dans la capitale ivoirienne, Abidjan, le 27 mars, les pays de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avaient réclamé le retour de l’ordre constitutionnel au Mali et désigné la présidence du Burkina Faso comme médiatrice pour ramener la paix dans le pays.

De son côté, le chef de l’Etat malien de transition, Dioncunda Traoré, de retour au Mali depuis le vendredi 27 juillet, a annoncé la création d’une commission nationale aux négociations, qui sera chargée de mener les discussions avec les groupes armés du Nord. Une décision conforme aux souhaits des chefs d’Etats de la Cedeao qui ont renouvelé leur confiance au président et attendent la mise en place d’un gouvernement d’union nationale .

Dioncounda Traoré avait été hospitalisé en France durant deux mois à la suite d’une agression le 21 mai dernier. Dans le cadre d’un accord avec la Cedeao, l’homme avait pris la suite de la junte militaire au pouvoir à Bamako depuis mars 2012. Il doit assurer la présidence du pays pendant un an.

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