
Le musicien et arrangeur malien Boncana Maïga est décédé ce samedi 28 février 2026 à Bamako, à l’âge de 76 ans. Figure emblématique de la salsa africaine et de la musique mandingue, il a profondément marqué l’histoire culturelle du continent. Collaborateur des plus grands artistes africains, il laisse un héritage artistique majeur.
Le monde culturel africain perd l’un de ses plus grands architectes sonores. Le musicien, arrangeur et producteur malien Boncana Maïga est décédé ce samedi 28 février 2026 à Bamako, à l’âge de 76 ans. Selon des sources familiales concordantes, il s’est éteint aux environs de 5 heures du matin à la Clinique Pasteur. Figure emblématique de la salsa africaine et de la musique mandingue, il laisse derrière lui une œuvre qui a traversé les générations et les frontières.
Une figure majeure de la musique panafricaine
Originaire de Gao, dans le nord du Mali, Boncana Maïga s’est imposé au fil des décennies comme l’un des musiciens les plus influents du continent. Compositeur, arrangeur et directeur artistique, il était reconnu pour son génie orchestral et sa capacité à fusionner les rythmes traditionnels africains avec les sonorités afro-cubaines.
Son nom reste indissociable du groupe Las Maravillas du Mali, formation mythique qui a contribué à faire rayonner la musique malienne à l’international. Il fut également l’un des piliers du collectif Africando, projet panafricain qui a popularisé la salsa africaine dans le monde entier, aux côtés d’artistes tels que Gnonnas Pedro.
Boncana Maïga a aussi dirigé l’orchestre de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), contribuant à structurer la scène musicale ouest-africaine et à professionnaliser de nombreux artistes.
Un arrangeur de génie au service des plus grands
Le Maestro était réputé pour son oreille exceptionnelle et son sens de l’arrangement. Il a collaboré avec des artistes majeurs du continent comme Alpha Blondy, Aïcha Koné ou encore Abdoulaye Diabaté.
Son influence dépasse largement le cadre de la scène musicale. Boncana Maïga a composé pour le cinéma africain, signant notamment les bandes originales de films devenus cultes tels que Bal Poussière d’Henri Duparc et Moolaadé d’Ousmane Sembène.
En 1997, son talent a été récompensé par un Kora Award en tant qu’arrangeur, consacrant son apport déterminant à la modernisation et à l’internationalisation des musiques africaines.
Une vie entre création et transmission
Au-delà de ses succès artistiques, Boncana Maïga était un homme de transmission. Il a formé, accompagné et inspiré plusieurs générations de musiciens en Afrique de l’Ouest. À la tête d’orchestres institutionnels ou au sein de projets panafricains, il a œuvré pour la valorisation des cultures africaines dans toute leur diversité.
Son engagement allait au-delà de la scène : il défendait une vision ambitieuse de la musique africaine, capable de dialoguer avec le monde sans renier ses racines.
Une disparition qui bouleverse la scène culturelle
L’annonce de sa mort a rapidement suscité une vague d’émotion dans les milieux artistiques. Artistes, producteurs et institutions culturelles saluent unanimement un bâtisseur, un passeur et un visionnaire.
Boncana Maïga disparaît à un moment où son influence reste palpable dans de nombreux courants musicaux contemporains, de la salsa africaine aux fusions modernes entre jazz, musiques mandingues et rythmes caribéens.
Le Mali perd un monument. L’Afrique perd l’un de ses grands ambassadeurs culturels. Mais l’œuvre du Maestro, elle, continuera de vibrer longtemps dans les orchestres et les cœurs du continent.




