Nigeria : l’incertitude plane sur le sort des lycéennes enlevées

Après l’enlèvement de masse de plus d’une centaine de lycéennes lundi soir, l’incertitude planait toujours mercredi sur le sort des jeunes filles.

Où sont passées les jeunes filles enlevées dans la nuit de lundi à mardi dans un lycée de l’Etat de Borno, au nord-est du Nigeria ? Une question pour laquelle le gouverneur de l’Etat, Kashim Shettima, a offert 50 millions de nairas (215 000 euros) à quiconque pourra apporter des informations.

Dans la nuit de lundi à mardi, des hommes armés, soupçonnés d’appartenir à Boko Haram, avaient attaqué le lycée pour filles de la ville de Chibok, enlevant plus d’une centaine d’écolières à bord de plusieurs camions. Si de vastes opérations de recherches ont été déclenchées, pour l’heure, seuls certains véhicules utilisés lors du rapt ont été retrouvés, abandonnés et hors d’usage.

Pour les parents, il ne fait donc désormais aucun doute que les filles ont été emmenées dans un bastion de la secte. Mais l’armée, elle, assure que la plupart des lycéennes auraient été libérées. Le porte-parole des armées, Chris Olukolade, après avoir donné mercredi le premier bilan officiel, faisant état de 129 jeunes filles enlevées, a ainsi ajouté dans la soirée, que seules huit des otages seraient encore captives, selon l’AFP. « Le principal du lycée a confirmé que seules huit filles manquent encore », a-t-il déclaré, précisant par ailleurs que la plupart des lycéennes avaient réussi à s’échapper immédiatement après leur enlèvement.

Des informations contradictoires

Des affirmations qui semblent en contradiction avec de nombreux témoignages directs et déclarations officielles : Dans le même temps, une source sécuritaire de la région déclarait à l’agence de presse que plus d’une centaine de jeunes filles seraient toujours retenues. Le gouverneur de l’Etat de Borno, Kashim Shettima, a également ajouté que seules 14 otages avaient réussi à s’enfuir jusqu’à présent.

Trois lycéennes qui se seraient échappées et auraient regagné Chibok, ont raconté leur enlèvement mercredi, lors d’une rencontre organisée au domicile du chef traditionnel local, selon le père d’une lycéenne toujours captive. « Les filles nous ont raconté qu’elles avaient été emmenées dans le district de Konduga, dans la forêt de Sambisa », a-t-il expliqué, soulignant que cette zone est connue pour abriter des camps fortifiés de Boko Haram. Les lycéennes ont par ailleurs expliqué avoir fui et réussi à rejoindre Chibok grâce à des bergers nomades de l’ethnie fulani.

De vastes opérations de recherches

Selon la BBC, la police, l’armée ainsi que les populations locales auraient joint leurs efforts pour faire avancer les recherches. Mais malgré cette vaste opération, peu de résultats semblent pour le moment concluant. Seule certitude, les insurgés de Boko Haram auraient emmené les jeunes filles dans une forêt proche de la frontière camerounaise. « C’est une forêt très vaste et cela ne facilite pas les recherches. Des surveillances aériennes sont en cours, et nous avons renforcé les troupes au sol. Nous avons bon espoir », a déclaré le sénateur de l’Etat de Borno à la BBC.

Pour l’heure les familles des lycéennes, désemparées, implorent toujours qu’on leur rende leurs filles. Selon la BBC, Boko Haram se livrerait régulièrement à des enlèvements de jeunes femmes afin de les utiliser comme esclaves sexuelles.