Nigeria : 200 étudiantes enlevées lors d’une attaque islamiste

Des islamistes lourdement armés ont attaqué un établissement secondaire dans le nord-est du Nigeria, lundi soir, profitant de l’occasion pour enlever de nombreuses jeunes filles.

Alors que le Nigeria connaît une recrudescence de violences ces derniers jours, le pays semble dépassé par les attaques islamistes qui touchent son territoire. Lundi soir, des assaillants lourdement armés auraient pris pour cible un établissement scolaire de la ville de Chibok, dans l’Etat de Borno, au nord-est du pays, enlevant par la même occasion de nombreuses jeunes filles. « De nombreuses jeunes filles ont été enlevées par des hommes armés qui ont attaqué leur établissement », a ainsi déclaré à l’AFP le responsable de l’éducation pour la ville de Chibok, Emmanuel Sam.

L’attaque, qui aurait eu lieu tard dans la nuit, visait le lycée public pour filles de Chibok, aux abords duquel des hommes armés seraient arrivés « dans des camions et sur des motos », selon un habitant de la ville. Des sources locales rapportent que les jeunes filles qui ont été enlevées devaient passer un examen annuel donnant accès à un diplôme commun à plusieurs pays d’Afrique anglophone, le WAEC, cette semaine. Afin d’assurer leur sécurité, des soldats avaient été déployés dans la ville. Une mesure qui n’aura pas dissuadé les assaillants, qui auraient réussi à « maîtriser les soldats ». Selon la BBC, les parents des écolières font ainsi état de 200 jeunes filles qui auraient été kidnappées.

2 gardiens tués et 170 maisons brûlées

Une écolière qui aurait réussi à s’échapper a déclaré à la BBC qu’elles étaient en train de dormir quand des hommes armés ont pénétré dans leur dortoir et ont demandé à être emmenés dans la réserve de l’école. Les assaillants auraient alors chargé la nourriture contenue dans la réserve dans un camion avant d’ordonner à quelques filles de monter à bord. Les autres écolières auraient, quant à elles, été emmenées à bord d’un bus et de deux autres camions. Suite à un ralentissement du convoi, une quinzaine de jeunes filles auraient réussi à s’échapper dans la brousse quelques villages plus loin.

Les médias locaux rapportent par ailleurs que deux membres des forces de sécurité auraient été tués dans l’attaque, et 170 maisons brûlées.

Si pour l’heure les autorités n’ont reçu aucune revendication suite à ces enlèvements massifs, les assaillants sont suspectés d’appartenir à Boko Haram. La secte islamiste a en effet souvent pris pour cible des écoles, et est de plus très critique envers l’éducation occidentale (son nom lui-même signifie l’éducation occidentale est un pêché). Au cours d’une précédente attaque cette année dans l’Etat de Borno, les miliciens avaient pris pour cible le collège fédéral de Buni Yabe tuant plus d’une trentaine d’écoliers.

Lundi, la capitale du pays, Abuja, avait connu son attentat le plus meurtrier. Une double explosion dans une gare routière bondée a fait 70 morts.