Niger : Nathalie Yamb, de l’exil aux couloirs du pouvoir


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Nathalie Yamb, activiste
L'activiste Nathalie Yamb

L’activiste et influenceuse Nathalie Yamb consolide son engagement politique au Niger. La militante helvético-camerounaise a été nommée conseillère spéciale du général Abdourahamane Tiani, chef de la junte au pouvoir depuis le coup d’État de juillet 2023. Elle a également reçu un passeport diplomatique, symbole de reconnaissance officielle.

Cette décision s’inscrit dans la stratégie souverainiste portée par l’Alliance des États du Sahel.

Une nomination symbolique dans un contexte souverainiste

Mercredi 27 août, Nathalie Yamb a confirmé sa nomination et la délivrance de son passeport diplomatique dans un message publié sur Facebook, où elle est suivie par plus de 850 000 abonnés. Surnommée « la chevalière de Niamey », elle a exprimé sa gratitude envers le président Tiani. Elle y voit un « acte de solidarité » et une reconnaissance du combat panafricain pour la souveraineté.
Ce geste s’inscrit dans la ligne politique du Niger, qui, avec ses alliés burkinabè et maliens au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), a tourné le dos à l’Occident pour prôner une rupture avec la tutelle française.

Une influenceuse controversée

Figure médiatique depuis son discours remarqué lors du sommet Russie-Afrique de Sotchi en 2019, Nathalie Yamb s’est imposée comme l’un des visages les plus connus du panafricanisme radical. Ses publications sur Facebook et YouTube, suivies par des centaines de milliers d’internautes, dénoncent régulièrement ce qu’elle décrit comme le « néocolonialisme français » et vantent l’émergence d’alliances avec Moscou.
Mais son activisme n’a pas été sans conséquence. En juin dernier, l’Union européenne l’a sanctionnée pour ses positions jugées prorusses, a gelé ses avoirs et lui a interdit l’entrée sur son territoire.

Une stratégie déjà éprouvée par Niamey

La nomination de Nathalie Yamb rappelle celle du militant béninois Kemi Seba, qui avait lui aussi obtenu un passeport diplomatique du Niger en 2024. Le pays affiche ainsi sa proximité avec les figures médiatiques du panafricanisme contestataire, en opposition frontale aux sanctions et aux critiques venues d’Europe.

Vers une nouvelle vitrine de l’AES ?

En donnant un rôle officiel à une personnalité aussi visible que Nathalie Yamb, les autorités nigériennes cherchent à amplifier leur discours souverainiste et à gagner en visibilité sur la scène panafricaine. La militante, qui se définit comme « l’ennemie publique numéro un de la France », devient désormais une voix institutionnelle du Niger, au-delà de son rôle d’influenceuse.
Cette alliance entre pouvoir militaire et militantisme numérique pourrait renforcer l’image du Niger et de l’AES comme bastions de résistance à l’influence occidentale. Mais elle pourrait aussi attiser les tensions diplomatiques avec l’Union européenne, déjà en conflit ouvert avec Niamey.

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Fidèle K est journaliste et rédactrice spécialisée, passionné par l'Afrique et ses dynamiques politiques, culturelles et sociales. A travers ses articles pour Afrik, elle met en lumière les enjeux et les réalités du continent avec précision et engagement.
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