
Le gouvernement de transition nigérien opère un changement stratégique en dissociant les fonctions de Premier ministre et de ministre des Finances. Ali Mahamane Lamine Zeine se recentre sur la conduite de l’exécutif, tandis que Mamane Laouali Abdou Rafa, spécialiste reconnu des questions monétaires, prend les commandes d’un portefeuille clé dans un contexte économique sous tension.
Le paysage politique nigérien connaît une évolution notable en ce début d’année 2026. Par un décret signé le lundi 26 janvier, le chef de l’État, le général Abdourahamane Tiani, a procédé à un réaménagement technique du gouvernement de transition. La décision majeure de cet acte officiel est la séparation des fonctions de Premier ministre et de ministre de l’Économie et des Finances, mettant fin au cumul qu’exerçait Ali Mahamane Lamine Zeine depuis son arrivée à la primature.
Un recentrage pour Ali Mahamane Lamine Zeine
Nommé en août 2023 dans la foulée des événements ayant porté le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) au pouvoir, Ali Mahamane Lamine Zeine portait jusqu’ici la double casquette de chef du gouvernement et de patron de l’économie. Si ce dernier conserve la confiance du général Tiani en restant à la tête de la Primature, il se déleste d’un portefeuille ministériel particulièrement lourd et stratégique.
Économiste chevronné et ancien cadre de la Banque africaine de développement, Ali Mahamane Lamine Zeine devrait désormais se concentrer davantage sur la coordination de l’action gouvernementale dans un contexte régional complexe. Ce changement intervient alors que des rumeurs sur son éventuel départ circulaient, mais son maintien à la Primature semble stabiliser sa position au sein de l’appareil d’État.
L’arrivée d’un spécialiste de la monnaie aux commandes
Pour reprendre les rênes de l’Économie et des Finances, les autorités de Niamey ont fait appel à un profil technique de haut niveau. Mamane Laouali Abdou Rafa succède au Premier ministre à ce poste névralgique. Connu pour sa fine connaissance des mécanismes financiers sous-régionaux, le nouveau ministre a notamment dirigé l’agence nationale de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) au Niger.
Son expertise sera mise à profit pour évoluer dans un environnement économique nigérien qui fait face à des défis persistants en matière de mobilisation de ressources et de stabilité financière. Pour de nombreux analystes, ce choix marque une volonté de professionnaliser davantage la gestion de la trésorerie nationale par un homme du sérail financier.
Une équipe gouvernementale en pleine mutation
Ce réaménagement, bien que qualifié de technique, marque une étape supplémentaire dans la structuration de l’exécutif nigérien. Avec cette nomination, le gouvernement compte désormais 27 membres. Ce mouvement intervient seulement quelques semaines après l’intégration d’un nouveau ministre du Pétrole le 6 janvier dernier.
Alors qu’aucune explication officielle n’a été donnée sur ce retrait des Finances au Premier ministre, ce décret semble répondre à une nécessité de répartition des charges au sein d’un ministère dont le nouveau titulaire est déjà familier. Dans une période de transition où les enjeux de souveraineté économique sont cruciaux, la mission de Mamane Laouali Abdou Rafa s’annonce d’ores et déjà déterminante.




