
Longtemps éclipsée par l’uranium, les diamants ou plus récemment l’hydrogène vert, la filière cuivre namibienne connaît un net regain d’intérêt. Portée par la transition énergétique mondiale et la hausse de la demande en métaux stratégiques, la Namibie voit renaître plusieurs projets miniers qui pourraient redonner au cuivre une place centrale dans son économie.
Après une décennie marquée par la fermeture ou la mise en sommeil de plusieurs mines historiques, le secteur cuprifère namibien est de nouveau en mouvement. Les anciennes exploitations d’Otjihase, Matchless et Tschudi, qui avaient souffert de la baisse des cours et de difficultés financières, font aujourd’hui l’objet de vastes programmes de relance.
Au cœur de cette reprise figure le groupe Consolidated Copper Corp, qui travaille à la remise en production des mines d’Otjihase et de Matchless, près de Windhoek. Des études de faisabilité sont en cours autour d’un plan d’exploitation sur dix ans, avec l’ambition de réactiver un bassin minier qui a longtemps constitué l’un des piliers de la production nationale.
Une dynamique et de nouveaux projets
Cette dynamique dépasse toutefois les seuls sites historiques. Dans le nord du pays, la mine de Tschudi a repris ses activités après plusieurs années d’arrêt, tandis que de nouveaux projets attirent des capitaux internationaux. Le projet Omitiomire, récemment repris par le fonds Appian Capital, prévoit un investissement d’environ 400 millions de dollars et pourrait produire jusqu’à 30 000 tonnes de cuivre par an pendant quinze ans.
Plus au sud, le gigantesque projet Haib Copper avance également. Ses promoteurs estiment qu’il pourrait devenir l’une des plus importantes mines de cuivre du continent, avec une durée de vie dépassant vingt ans.
La relance du cuivre namibien s’inscrit dans un contexte porteur. L’électrification des transports, le développement des réseaux électriques et l’essor des énergies renouvelables stimulent la demande mondiale. Le cuivre est devenu un métal indispensable à la fabrication des batteries, des véhicules électriques et des infrastructures énergétiques.
Le gouvernement namibien entend également tirer davantage de valeur de ses ressources
Depuis 2023, les autorités encouragent la transformation locale des minerais et cherchent à développer une chaîne de valeur industrielle plus complète, afin que les bénéfices du secteur profitent davantage à l’économie nationale.
Pour la Namibie, la reprise du cuivre promet des centaines d’emplois, des investissements dans les infrastructures et une diversification d’une économie encore très dépendante de quelques ressources naturelles. Reste que c’est un marché soumis à la volatilité des cours et à la concurrence croissante de la RDC et de la Zambie, la concurrence va donc être rude.





