
Coup sur coup, Nairobi puis Kigali ont accueilli deux rendez-vous diplomatiques et économiques majeurs. Entre le sommet Africa Forward des 11 et 12 mai et l’Africa CEO Forum des 14 et 15 mai 2026, William Ruto, Emmanuel Macron, Paul Kagame et Mohamed Ould Ghazouani ont scellé la même conviction : l’Afrique ne veut plus se contenter d’une place à la table des négociations mondiales, elle entend en dicter les termes.
Coup sur coup, Nairobi puis Kigali ont accueilli deux rendez-vous diplomatiques et économiques majeurs. Entre le sommet Africa Forward des 11 et 12 mai et l’Africa CEO Forum des 14 et 15 mai 2026, William Ruto, Emmanuel Macron, Paul Kagame et Mohamed Ould Ghazouani partagent une même ligne qui est que l’Afrique ne veut plus se contenter d’une place à la table des négociations mondiales, elle veut en fixer les termes.
Nairobi : Ruto et Macron veulent refonder la gouvernance mondiale
À Nairobi, lors du sommet Africa Forward des 11 et 12 mai, le président kényan William Ruto et le président français Emmanuel Macron ont défendu d’une même voix une refonte de la gouvernance mondiale. Co-hôte de l’événement, une première historique pour un sommet Afrique-France organisé conjointement avec un pays anglophone du continent, William Ruto a fermement rappelé que l’Afrique refuse d’être prise au piège d’un modèle d’endettement asphyxiant imposé par l’Occident.
Aux côtés d’Emmanuel Macron, qui a plaidé pour l’octroi d’un siège permanent à l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU, le leader kényan a réclamé une refonte totale du système financier international pour placer le continent au centre des grandes décisions financières et de transition énergétique.
Kigali : Kagame appelle l’Afrique à dire non aux injonctions extérieures
En ouvrant les portes de l’Africa CEO Forum à Kigali les 14 et 15 mai, le président rwandais Paul Kagame a tenu un discours souverainiste assumé. Il a fustigé le caractère extractif de l’engagement des grandes puissances et les pressions exercées sur les nations africaines, rappelant qu’« il en coûte plus cher de céder aux mauvaises décisions extérieures que d’assumer ses choix nationaux ». Pour Paul Kagame, le message aux investisseurs et aux patrons est clair : l’Afrique ne doit plus s’inquiéter de ce que le reste du monde pense d’elle, mais bâtir sa propre résilience interne en transformant et en consommant ses propres ressources.
Ghazouani, trait d’union d’une intégration continentale réclamée
Cette ligne souverainiste a été relayée par le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani. Ancien président en exercice de l’Union africaine en 2024 et figure politique majeure du continent, il a fait le pont entre Nairobi et Kigali pour insister sur l’urgence d’une intégration douanière et logistique globale. Selon sa vision, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ne pourra réussir sans une alliance sacrée entre États et secteur privé, seul moyen d’atteindre une taille critique compétitive face aux marchés asiatiques et américains.
Le vrai test : faire voyager les marchandises aussi vite que les discours
L’Afrique de l’Est tourne ainsi la page de l’aide au développement passive. Qu’il s’agisse de négocier les yeux dans les yeux avec Paris ou de mobiliser les plus grands patrons du continent à Kigali, les dirigeants africains affichent un front uni.
Mais si le meilleur indicateur de succès de ces sommets ne se trouvait pas dans les communiqués officiels des chefs d’État ? Alors que les présidents signent des accords de connectivité aérienne et douanière à coups de milliards, la vraie révolution sera celle qui permettra à une coopérative agricole du Cameroun ou à une start-up technologique de Nairobi d’expédier ses produits vers Kigali sans barrière ni complexe.
La souveraineté de l’Afrique de demain se mesurera à sa capacité à faire voyager ses marchandises aussi librement que voyagent ses discours politiques.



