Mort de Sid Ahmed Agoumi : l’Algérie pleure l’un de ses géants du cinéma et du théâtre


Lecture 3 min.
Sid Ahmed Agoumi dans un film égyptien
Sid Ahmed Agoumi dans un film égyptien

Figure majeure du théâtre et du cinéma algériens, Sid Ahmed Agoumi est mort dimanche 20 septembre à l’âge de 86 ans. Sa disparition suscite de nombreux hommages en Algérie, jusqu’au sommet de l’État. Après plus de six décennies de carrière, l’acteur laisse une large filmographie et le souvenir d’un comédien reconnu par plusieurs générations de spectateurs.

Sid Ahmed Agoumi, de son vrai nom Ahmed Meziane, est mort dimanche 20 septembre 2026 à l’âge de 86 ans. L’annonce a été faite par l’Office national des droits d’auteur et des droits voisins (ONDA), dont le comédien était membre. L’institution a salué son apport à l’histoire artistique du pays.

Quelques heures plus tard, le président Abdelmadjid Tebboune a adressé ses condoléances à la famille du comédien et à la famille artistique algérienne, évoquant la place qu’occupait Sid Ahmed Agoumi dans la culture nationale.

L’hommage de Yasmina Khadra

Parmi les réactions, celle de l’écrivain Yasmina Khadra revient sur un souvenir personnel : la découverte, au début des années 1970, de Sid Ahmed Agoumi dans Les Hors-la-loi de Tewfik Farès. Agoumi y interprétait Slimane, un ancien soldat devenu bandit d’honneur dans l’Algérie coloniale. Yasmina Khadra raconte l’effet que ce personnage a eu sur lui, jeune spectateur à l’époque, et surnomme Agoumi le « Django national », en référence aux westerns qui occupaient alors les écrans.

Youtube video

Ce rôle illustre une partie de la carrière de l’acteur, qui a su toucher un large public sans délaisser les textes exigeants ni le théâtre.

Une carrière de plus de soixante ans

Né en 1940 à Alger, Sid Ahmed Agoumi débute sa carrière dans les années 1960. Il s’impose rapidement au théâtre, au cinéma et à la télévision.

On le retrouve dans Z de Costa-Gavras en 1969, puis dans Les Hors-la-loi, Le Moulin de monsieur Fabre, L’Autre Côté de la mer, Les Diseurs de vérité, Il était une fois dans l’Oued ou encore Morituri. En France, il joue aussi dans L’Italien, Beur sur la ville et Cheba Louisa.

Homme de théâtre, il a interprété plusieurs œuvres du répertoire algérien et international, et dirigé des institutions culturelles à Tizi Ouzou, Annaba et Constantine, avant de prendre la direction du Théâtre national algérien.

À la télévision, il gagne une nouvelle notoriété auprès du jeune public grâce à la série Sultan Achour 10, où il incarne le ministre Qandil.

Sid_Ahmed_Agoumi,_August_2020
Sid_Ahmed_Agoumi,_August_2020

En 2024, lors d’un hommage organisé à Alger, Sid Ahmed Agoumi attribuait sa longévité artistique au public algérien, qui poussait selon lui les artistes à donner le meilleur d’eux-mêmes.

Sa carrière aura traversé plusieurs périodes de la création algérienne, du théâtre engagé des débuts de l’indépendance aux séries télévisées suivies aujourd’hui par un public plus jeune.

Rédaction
La rédaction d'Afrik, ce sont des articles qui sont parfois fait à plusieurs mains et ne sont donc pas signés par les journalistes
Newsletter Source préférée