Mort de Youssef Chahine : le cinéma arabe perd sa figure de proue

Le réalisateur, producteur et scénariste égyptien Youssef Chahine est décédé dimanche à 3h30 du matin au Caire (Egypte) des suites d’une hémorragie cérébrale. Il avait été hospitalisé pendant six semaines en France après une attaque mi-juin qui l’avait laissé dans le coma.

Le scénariste et réalisateur Youssef Chahine est mort dimanche matin à 3h30, à l’âge de 82 ans, au Caire. Plongé dans le coma depuis le 15 juin dernier des suites d’une attaque cérébrale, le producteur égyptien avait été interné à l’hôpital américain de Neuilly (France), avant d’être rapatrié en Egypte, toujours inconscient. Une cérémonie funèbre sera célébrée lundi à 13h00 (heure locale) en la cathédrale gréco-catholique du Caire. Son corps sera inhumé dans le caveau familial au cimetière d’Alexandrie.

Un hommage a été rendu à Youssef Chahine par la télévision publique égyptienne, qui a diffusé dimanche des extraits de ses plus grands succès. Il était à l’origine des canons du cinéma arabe que sont « Le Destin », « La Terre », « Alexandrie, pourquoi ? », ou encore « Le Chaos », son dernier film. Artiste engagé, le producteur s’est efforcé, tout au long de sa carrière, de pointer du doigt les fanatismes religieux, l’islamisme en particulier. Le régime égyptien a été à plusieurs reprises la cible de son œuvre revendicatrice, dans laquelle il dénonçait aussi la corruption et la torture.

Reconnu et adulé par le milieu cinématographique français, Youssef Chahine avait reçu en 1997, des mains de l’actrice française Isabelle Adjani, le Prix des 50 ans du Festival de Cannes pour l’ensemble de son œuvre. En 2006, le président français Jacques Chirac lui avait remis la Légion d’honneur.