Mondial 2026 : les 16 Bleus aux origines africaines, l’Algérie en tête


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Michael Olise qui a dû choisir entre la France, l’Algérie, le Nigeria et l’Angleterre
Michael Olise qui a dû choisir entre la France, l’Algérie, le Nigeria et l’Angleterre

Sur les vingt-six joueurs retenus par Didier Deschamps pour la Coupe du monde 2026, seize comptent au moins un parent ou un grand-parent né sur le continent africain. L’Algérie domine ce relevé avec quatre représentants, devant le Cameroun et le Mali.

La sortie d’Ousmane Sonko, à la veille du choc France-Sénégal au Mondial 2026, a relancé un vieux débat. En affirmant que, « quel que soit le vainqueur », ce serait « l’Afrique qui aura battu l’Afrique », le responsable sénégalais faisait référence à la forte présence de joueurs d’ascendance africaine au sein de l’équipe de France. Au-delà de la formule politique, le constat statistique est réel. Depuis Raoul Diagne, le sénégalais qui fut le premier joueur noir en équipe de France, la liste des africains en Bleus progresse à chaque compétition. Cette année, les joueurs retenus pour cette Coupe du monde confirme le poids du continent dans la fabrique du football français mais aussi les liens indélébiles qui unissent la France à l’Afrique.

Seize Bleus aux racines africaines

La liste des vingt-six dévoilée le 14 mai par Didier Deschamps prolonge une réalité installée de longue date au sein de l’équipe de France. Sur les joueurs qui défendront les couleurs tricolores aux États-Unis, au Canada et au Mexique, seize comptent au moins un parent ou un grand-parent né sur le continent africain.

Ce relevé recense les pays d’origine généralement documentés des joueurs ou de leurs parents. Il ne s’agit pas d’un classement officiel. Un même joueur peut donc figurer sous deux pays. Ainsi, Kylian Mbappé est rattaché au Cameroun par son père, Wilfried Mbappé, et à l’Algérie par sa mère, Fayza Lamari.

Le calcul met aussi de côté les 4 joueurs d’ascendance antillaise ou ultramarine, parfois classés à tort parmi les Africains. Mike Maignan est né en Guyane. Maxence Lacroix et Marcus Thuram ont des racines guadeloupéennes. Ces origines relèvent de l’outre-mer français, et non du continent africain.

L’Algérie en tête avec quatre joueurs

L’Algérie occupe la première place avec quatre joueurs, tous offensifs ou créatifs. Kylian Mbappé tient ses racines algériennes de sa mère, Fayza Lamari. Rayan Cherki est lié au pays par sa mère, Abla, dont la famille vient de Biskra, dans le sud algérien. Maghnes Akliouche descend de parents originaires de Raffour, dans la wilaya de Bouira, en Kabylie. Michael Olise possède, lui aussi, une ascendance algérienne par sa mère franco-algérienne.

Ces quatre joueurs ont été suivis, à des degrés divers, par la Fédération algérienne de football avant d’opter pour les Bleus. Akliouche a fini par trancher après plusieurs mois d’hésitation. Cherki, qui pouvait aussi prétendre à l’Italie par son père, a longtemps laissé planer le doute. Olise disposait pour sa part de plusieurs possibilités : la France, l’Algérie, le Nigeria et l’Angleterre, son pays de naissance.

Le Cameroun arrive derrière l’Algérie avec trois joueurs. À côté de Kylian Mbappé figurent Aurélien Tchouaméni, né à Rouen de parents camerounais, et William Saliba, dont la mère est originaire du pays. Le défenseur d’Arsenal a effectué ses premiers pas à l’AS Bondy, dans un environnement où Wilfried Mbappé, le père de Kylian, a longtemps joué un rôle d’éducateur.

Le Mali compte deux représentants avec Ibrahima Konaté, dont les parents sont maliens, et N’Golo Kanté, dont la famille est originaire de la région de Yélimané, dans l’ouest du pays.
Un troisième nom revient parfois au sujet du Mali, celui d’Ousmane Dembélé. L’attribution est discutée, et le joueur l’a lui-même contestée par le passé. Le Ballon d’Or 2025 est généralement rattaché au Sénégal par son père et à la Mauritanie par sa mère. Il est donc comptabilisé ici au Sénégal et en Mauritanie, et non au Mali.

Une géographie africaine très large

Au-delà de ce trio de tête, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale sont aussi représentées. La Côte d’Ivoire compte deux joueurs, Manu Koné et Désiré Doué. Ce dernier pourrait même croiser son frère Guéla Doué, latéral des Éléphants, si les trajectoires des deux sélections venaient à se rejoindre dans le tournoi.

Le Bénin est présent avec Jules Koundé, la Guinée-Bissau avec Dayot Upamecano, le Togo avec Bradley Barcola et le Nigeria avec Michael Olise. Du côté de l’Afrique centrale, Jean-Philippe Mateta est issu d’une famille de République démocratique du Congo, tandis que Brice Samba est né à Linzolo, en République du Congo, où son père a longtemps gardé les buts de la sélection nationale.

Cette cartographie ne dit pas que l’équipe de France serait moins française. Elle rappelle simplement que les Bleus sont, depuis plusieurs générations, le produit d’une histoire sportive et familiale traversée par les migrations, les doubles appartenances et les héritages africains. Ils sont le symbole de la France d’aujourd’hui. Dans le match contre le Sénégal comme dans le reste du Mondial, cette réalité continuera d’accompagner la sélection tricolore. Les déclarations d’Ousmane Sonko montrent aussi que le Sénégal va devoir produire son meilleur football pour l’emporter face au « reste de l’Afrique ».

Origines africaines des joueurs de l'équipe de France
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