Équipe de France : Zidane au cœur d’une nouvelle génération franco-algérienne


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Zidane et la génération franco-algérienne des Bleus
Zinédine Zidane prend la tête d’une équipe de France où évoluent notamment Kylian Mbappé, Michael Olise, Rayan Cherki et Maghnes Akliouche, tous liés à l’Algérie par leur histoire familiale.

Nommé sélectionneur des Bleus le 28 juillet, Zinédine Zidane dirigera une équipe où évoluent déjà Kylian Mbappé, Michael Olise, Rayan Cherki et Maghnes Akliouche. Ces quatre internationaux sont liés à l’Algérie par leur histoire familiale, comme l’est le nouveau sélectionneur lui-même. Un héritage qui renvoie aussi à celui, plus ancien et parfois douloureux, des joueurs algériens passés par l’équipe de France.

Lorsque Zinédine Zidane prendra officiellement ses fonctions, le 1er août,l’image du fils d’immigrés algérien devenu sélectionneur de l’équipe de France, vingt ans après avoir achevé sa carrière internationale, s’imposera dans les mémoires. Nommé le 28 juillet pour quatre années, jusqu’à la Coupe du monde 2030, l’ancien numéro 10 devient le dix-huitième sélectionneur de l’histoire des Bleus. Il succède à Didier Deschamps, en poste depuis quatorze ans, annoncera son staff début septembre et dirigera l’équipe dès la campagne de Ligue des nations 2026-2027.

Dans son groupe, Zidane retrouvera au moins quatre joueurs liés à l’Algérie par leur histoire familiale : Kylian Mbappé, Michael Olise, Rayan Cherki et Maghnes Akliouche. Zidane ne composera pas son équipe selon les origines des joueurs mais leur présence simultanée raconte cependant quelque chose de la France contemporaine et de son football, une histoire dans laquelle l’Algérie demeure présente, tantôt comme une évidence familiale, tantôt comme une mémoire politique.

Mbappé, le capitaine

Kylian Mbappé restera le point fixe du nouveau projet. Sa mère, Fayza Lamari, est née à Bondy de parents kabyles originaires d’Amizour, dans la wilaya de Béjaïa et son père est d’origine camerounaise. Capitaine des Bleus et joueur du Real Madrid, l’attaquant sort d’une Coupe du monde 2026 exceptionnelle sur le plan individuel avec dix buts, un deuxième Soulier d’or consécutif et le record de buts en phase finale de Coupe du monde, désormais porté à 22 réalisations, devant Lionel Messi. La France, elle, a été éliminée par l’Espagne en demi-finale (0-2) avant de terminer quatrième, battue par l’Angleterre dans le match pour la troisième place (4-6).

Zidane et Mbappé se connaissent par le Real Madrid et par l’admiration ancienne que le second porte au premier. Leur relation devient désormais institutionnelle. Le sélectionneur devra construire autour de son capitaine en évitant que l’équipe de France ne se réduise à ses accélérations et à ses buts. Les profils d’Olise, Cherki et Akliouche peuvent alors prendre une dimension nouvelle.

Olise, le meneur silencieux

Né à Londres d’un père nigérian et d’une mère franco-algérienne, Michael Olise aurait pu représenter quatre pays. Il a choisi la France, avec laquelle il a progressivement occupé une place importante entre le milieu et l’attaque. Au Mondial, il a terminé meilleur passeur du tournoi avec sept passes décisives, au-dessus du total établi par Pelé en 1970. Titulaire face à l’Espagne en demi-finale, il a été remplacé par Cherki à la 72e minute.

Par son toucher de balle, sa qualité de passe et sa capacité à évoluer derrière un attaquant, le joueur du Bayern Munich correspond au football que l’on associe spontanément à Zidane. Rien ne garantit pour autant qu’il en devienne le dépositaire technique car comme entraîneur du Real Madrid, Zidane s’est le plus souvent montré pragmatique. Olise possède cependant cette capacité à ralentir ou à déplacer le jeu qui manque parfois aux Bleus lorsque leurs attaquants restent trop éloignés les uns des autres. Courtisé par le Real Madrid cet été, il devrait rester en Bavière, où ses dirigeants l’ont déclaré intransférable.

Cherki, le grand bénéficiaire potentiel

Rayan Cherki est probablement celui dont le statut pourrait le plus évoluer. Sous Didier Deschamps, le joueur de Manchester City avait fini par intégrer la sélection, mais il y demeurait une solution de banc. Cantonné à un rôle de remplaçant pendant l’essentiel du Mondial, il n’est entré qu’à la 72e minute lors de la demi-finale contre l’Espagne, avant d’être titularisé avec Olise pour le match de la troisième place face à l’Angleterre ou il sera remplacé à la mi-temps. À 22 ans, il compte treize sélections.

Cherki est lié à l’Algérie par sa mère, Abla, dont la famille est originaire de Biskra. Son père, Fabrice, tient ses origines italiennes des Pouilles mais se revendique chaoui (dialecte berbère parlé dans l’Est algérien, notamment par les habitants des Aurès). Avant les débuts du joueur chez les A, son avenir international avait alimenté de nombreuses spéculations des deux côtés de la Méditerranée, alors même qu’il a toujours affirmé n’avoir jamais reçu de contact officiel des fédérations algérienne et italienne. Sa première sélection, le 5 juin 2025 contre l’Espagne, marquée par un but et une passe décisive après son entrée en jeu, a définitivement orienté sa carrière vers la France.

Avec Zidane, il pourrait obtenir davantage de responsabilités. Les deux hommes partagent un goût pour le jeu entre les lignes et pour la passe que peu de joueurs voient. La comparaison doit toutefois s’arrêter là. Cherki n’est pas le « nouveau Zidane » et n’a aucun intérêt à porter ce poids. Le nouvel entraîneur pourrait néanmoins comprendre mieux que quiconque qu’un créateur a parfois besoin d’un cadre qui le protège.

Akliouche, le pari à faire grandir

Maghnes Akliouche occupe une position plus fragile. Né à Tremblay-en-France de parents originaires de Raffour, dans la wilaya de Bouira, en Kabylie, il a été appelé pour la première fois chez les Bleus en août 2025 avant de disputer la Coupe du monde 2026. Il n’a pas été titularisé lors des rencontres à élimination directe.

Sa finesse technique, sa faculté à jouer à droite comme dans l’axe et son intelligence dans les petits espaces peuvent séduire Zidane. La concurrence reste considérable alors qu’Olise, Cherki, Ousmane Dembélé, Désiré Doué et Bradley Barcola se disputent déjà les places situées autour de Mbappé. À 24 ans, l’international français s’apprête par ailleurs à quitter Monaco pour le Paris Saint-Germain, qui a obtenu l’accord du club de la Principauté sur la base de 50 millions d’euros. Il y retrouvera plusieurs de ces concurrents au quotidien.

La nomination de Zidane ne lui garantit donc rien. Elle peut cependant lui offrir un nouveau départ, dans une équipe où les qualités de création devront être mieux articulées avec la puissance offensive.

Une filiation, pas une communauté de destin

Cette présence algérienne dans l’histoire des Bleus ne date pas de la génération actuelle. En avril 1958, à quelques semaines du Mondial suédois, Rachid Mekhloufi quitte clandestinement la France pour rejoindre l’équipe du FLN avec Mustapha Zitouni et Abdelaziz Ben Tifour. Après l’indépendance, plus aucun joueur maghrébin n’est appelé en sélection pendant quatorze ans, jusqu’au Lensois Farès Bousdira, en 1976. Sélectionné pour la première fois en 1994, Zidane a donné à cette filiation une dimension mondiale, avant Samir Nasri, Karim Benzema ou Nabil Fekir.

Zidane ne sera pas le sélectionneur des Franco-Algériens. Mbappé, Olise, Cherki et Akliouche ne représentent pas davantage l’Algérie lorsqu’ils portent le maillot bleu car tous ont fait un choix sportif et national clair. Leur présence simultanée donne cependant à cette nouvelle période une charge symbolique particulière. Entre Mekhloufi quittant les Bleus pour défendre l’indépendance et Zidane prenant place sur le banc français, le décor a radicalement changé, sans que le lien entre les deux rives ait disparu.

La réussite du nouveau sélectionneur ne se mesurera pas au nombre de joueurs d’origine algérienne qu’il alignera, mais à sa capacité à donner une cohérence collective à une abondance de talents. Les premiers éléments de réponse viendront avec la campagne de Ligue des nations.

Ali Attar
Ali Attar est un spécialiste reconnu de l'actualité du Maghreb. Ses analyses politiques, sa connaissance des réseaux, en font une référence de l'actualité de la région.
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