« Memory of Princess Mumbi » : la science-fiction kényane s’invite dans les salles françaises


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Memory of Princess Mumbi
Memory of Princess Mumbi

Premier long métrage kényan sélectionné aux Giornate degli Autori de la Mostra de Venise, le quatrième film de Damien Hauser sort le 26 août dans les salles françaises. Un faux documentaire situé en 2093, tourné à une caméra sur la côte kényane et complété par des décors générés par intelligence artificielle.

En 2093, un jeune réalisateur nommé Kuve gagne le royaume d’Umata pour documenter les séquelles d’une guerre qui a effacé les technologies modernes et fait renaître d’anciens royaumes. Il s’attend à filmer la désolation et découvre des villageois qui vivent en paix. Sa rencontre avec Mumbi, comédienne au tempérament insoumis, fait dérailler le projet. En effet, elle le met au défi de tourner sans recourir à l’intelligence artificielle et conteste au passage l’appétit du regard occidental pour le drame africain.

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Une intelligence artificielle reléguée au décor

Le paradoxe est assumé par Damien Hauser, qui confie à Variety avoir voulu réaliser un film que l’IA n’aurait pas su faire, tout en reconnaissant qu’il n’aurait pas pu le tourner sans elle. Le tournage s’est fait avec une caméra et une poignée de comédiens qui assuraient aussi la lumière et les costumes. Les scènes ont été captées en décors réels ou sur fond vert, l’IA servant à prolonger les arrière-plans vers un futur rétro. Le procédé rend accessible à un budget kényan une imagerie qui relevait jusqu’ici des studios américains.

Un frère disparu au cœur du projet

Le film doit son existence à un deuil. Hauser a perdu son frère Charles, mort à 14 ans dans un accident de moto, et c’est en revoyant les vidéos tournées avec lui qu’il a imaginé ce montage de moments heureux arrachés à un monde abîmé. Le générique se referme sur une dédicace.

Né à Zurich en 2001 d’une mère kényane, le cinéaste tourne depuis l’âge de sept ans. À 25 ans, il en est à son quatrième long métrage, après « Blind Love » et « After the Long Rains ». La critique internationale a relevé les trous du récit et le jeu parfois emprunté des comédiens, sans que cela entame l’inventivité formelle de l’ensemble. Après Venise et une présentation au Festival de Toronto, Destiny Films distribue le film en France en version originale sous-titrée.

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