
Des centaines de passagers bloqués dans les terminaux, des dizaines de vols retardés ou annulés et un trafic régional au ralenti : la grève des personnels de l’aviation kényane est entrée dans sa deuxième journée ce lundi 31 août. Entamé dimanche à l’aéroport international Jomo-Kenyatta de Nairobi, le mouvement touche désormais l’aéroport Moi de Mombasa, menaçant l’un des carrefours aériens les plus stratégiques de la région.
Dans la capitale kenyanne, l’attente s’éternise pour plusieurs milliers de voyageurs, parfois bloqués plus de douze heures sans visibilité sur leur départ. Face à l’engorgement des halls, plusieurs compagnies ont commencé à transférer leurs passagers vers des hôtels environnants qui affichent rapidement complet.
Un litige social au cœur des revendications
Menée par le Kenya Aviation Workers’ Union (KAWU), la mobilisation regroupe des salariés de l’Autorité kényane de l’aviation civile (KCAA), de l’Autorité des aéroports du Kenya (KAA) et de Jambojet, filiale à bas coût de la compagnie nationale Kenya Airways.
Le syndicat exige la revalorisation des salaires, l’amélioration des conditions de travail et l’application immédiate des avantages sociaux négociés. Point d’achoppement majeur, la signature d’une convention collective avec la KCAA. La direction du syndicat accuse la KAA et Jambojet de faire obstruction au dialogue social.
Pourtant, un accord-cadre signé le 27 juillet sous la médiation du ministre des Transports, Davis Chirchir, avait permis de suspendre un premier préavis de grève. Les parties disposaient de trente jours pour trouver un terrain d’entente. Estimant que ces engagements n’ont pas été tenus dans l’intervalle imparti, le KAWU a relancé l’action syndicale le 30 août.
Répercussions régionales et négociations au point mort
L’impact du débrayage dépasse déjà les frontières nationales en raison du rôle important de hub régional du Kenya. La compagnie RwandAir a annulé deux liaisons en raison des perturbations du contrôle aérien à Nairobi, tandis que de nombreux voyageurs ont manqué leurs correspondances internationales.
Véritable poumon économique, la plateforme Jomo-Kenyatta structure les flux de passagers et de fret entre l’Afrique de l’Est, l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie. Un blocage prolongé fragiliserait directement le secteur touristique et le commerce kényans.
Une première session de négociations d’urgence organisée dimanche entre le gouvernement et le KAWU s’est soldée par un échec. Les discussions ont repris ce lundi, mais le syndicat maintient sa ligne affirmant que le travail ne reprendra qu’après la signature d’un accord ferme. Les autorités recommandent aux voyageurs de vérifier le statut de leur vol auprès de leur compagnie avant tout déplacement vers l’aéroport.




