
L’interpellation de Mehdi Laribi, présenté par les autorités françaises comme l’un des fondateurs de la DZ Mafia, est une avancée dans la lutte contre le réseau criminel marseillais. Arrêté en Algérie à la demande de la justice française, le Franco-Algérien pourrait toutefois être jugé sur place si les règles algériennes ne permettent pas son extradition. Une perspective qui souligne à la fois la souveraineté judiciaire d’Alger et la reprise de la coopération entre les deux pays.
A la fin du mois de juillet, Mehdi Laribi a été interpellé en Algérie en exécution d’un mandat d’arrêt émis par la France. L’information, confirmée par plusieurs sources judiciaires, a été présentée comme un coup dur porté à la DZ Mafia, organisation soupçonnée d’être impliquée dans le trafic de stupéfiants, des règlements de comptes meurtriers et d’autres formes de criminalité organisée à Marseille (France).
Cette interpellation montre que les autorités algériennes ont donné suite à la demande française et que le territoire algérien ne constitue pas nécessairement un refuge pour les personnes recherchées à l’étranger.
Un dossier complexe
Le dossier reste néanmoins juridiquement complexe. La convention d’extradition signée entre la France et l’Algérie en 2019 et entrée en vigueur en juillet 2021 prévoit que l’extradition n’est pas accordée lorsque la personne recherchée possédait, au moment des faits reprochés, la nationalité du pays requis. Mehdi Laribi étant franco-algérien, les conditions exactes dans lesquelles il a obtenu ou détenait la nationalité algérienne devront donc être prises en compte.
Dans ce contexte, la coopération judiciaire entre Alger et Paris devient déterminante. Plutôt qu’une extradition, les autorités algériennes pourraient décider d’engager des poursuites sur leur territoire si les éléments transmis par la justice française le justifient. Une telle procédure permettrait de respecter le droit algérien tout en répondant aux objectifs communs de lutte contre le trafic de stupéfiants et la criminalité organisée..
Mehdi Laribi, une figure de proue de la DZ Mafia
Pour les enquêteurs français, l’interpellation de Mehdi Laribi demeure néanmoins une avancée importante. Présenté comme l’un des membres fondateurs de la DZ Mafia, il est soupçonné d’avoir joué un rôle central dans l’organisation du réseau criminel et d’avoir continué à exercer une influence depuis l’étranger après avoir quitté la France.
Son interpellation intervient quelques mois après l’opération baptisée « Octopus », qui avait conduit à l’arrestation de dizaines de personnes soupçonnées d’appartenir à la DZ Mafia. Malgré plusieurs vagues d’arrestations, les enquêteurs estiment que le réseau conserve une forte capacité d’organisation grâce à des relais implantés à l’étranger.




