Mauvaise journée pour les tyrans domestiques

Heureux hasard : l’Afrique du Sud, la Zambie et le Kenya se sont mobilisés hier pour la même cause, celle des femmes battues et victimes de violences morales ou sexuelles dans leur foyer.

Une campagne de sensibilisation en Afrique du Sud, un projet de loi bien avancé au Kenya, enfin un procès qui soulève l’indignation en Zambie : le sort a été généreux hier envers les femmes qui, dans ces trois pays, sont encore victimes de la brutalité imbécile d’hommes qui, parce qu’ils les ont épousées, croient possible d’user d’elles comme d’un outil.

Au Cap, l’heure est à une campagne contre la violence faite aux femmes, rapporte la PANA. Pendant seize jours, plusieurs manifestations associeront les églises, les entreprises, les syndicats, le gouvernement et la société civile en vue de juguler le fléau. Organisée dans le cadre du mois du développement social, la campagne s’attaque à  » un aspect insidieux de la culture  » sud-africaine, estime l’archevêque Njongukulu Ndugane.

De leur côté, les auteurs kenyans de violences familiales ont désormais intérêt à être plus vigilants. Au terme de la future loi de protection de la famille – expliquée par le Daily Nation -, ils risqueront bientôt d’être condamnés à des peines d’un an de prison et de 100 000 shillings (euros) d’amende. Quant aux mégères trop promptes à jouer du rouleau à pâtisserie, qu’elles sachent que le texte vise à protéger indistinctement  » les hommes, les femmes et les enfants.  »

Femme ébouillantée

Les femmes zambiennes, enfin, doivent beaucoup à Silas Ngangula, inspecteur général de la police depuis un an à peine. M. Ngangula a fait savoir à la PANA qu’il  » rejette la notion de violence domestique  » et qu’il ne voit que des  » criminels de genre « . Sous la houlette de son nouveau patron, la police zambienne a accordé une promotion massive à tous ses fonctionnaires féminins. Surtout, alors que seuls 207 cas de violences au foyer avaient été signalés à la police en 1998 pour le pays entier, ce chiffre représente maintenant à peine le nombre de plaintes enregistrées dans un district.

Les opinions de M. Ngangula recueillent un écho tout particulier en Zambie ces jours-ci. Les médias ont en effet pris fait et cause pour Dorothy Shende, une jeune femme ébouillantée par son mari dans la ville minière de Kitwe. Après avoir expliqué calmement qu’il voulait  » lui donner une leçon « , puis qu’il voulait  » qu’elle meure « , le mari a accusé son épouse défigurée de  » jalousie mesquine et de harcèlement.  » Le tribunal l’a condamné à une amende.

Retrouvez notre article du 19 octobre 2000 sur le procès de la violence conjugale au Swaziland