Massacre du 28 septembre : Toumba accuse Dadis Camara

Aboubakar Sidiki Diakité alias « Toumba », qui a tiré sur Moussa Dadis Camara, a assuré dans une interview diffusée mercredi sur RFI, qu’il n’était pas le responsable du massacre du 28 septembre, qui a coûté la vie à près de deux-cents Guinéens hostiles au régime. Selon l’aide de camp, des recrues auraient été envoyées sur ordre du chef de la junte pour empêcher la manifestation.

Dadis Camara serait l’instigateur du massacre du 28 septembre 2009 en Guinée, où des militaires ont tué au moins cent cinquante manifestants. C’est du moins ce qu’a affirmé, dans une interview diffusée mercredi sur RFI, l’aide de camp qui accuse directement le chef de la junte de la junte guinéenne. Aboubakar Sidiki Diakité alias « Toumba », en fuite depuis qu’il a tenté de tuer le président, raconte que cette répression sanglante a été planifiée et conduite par des bérets rouges, l’armée, la police et la gendarmerie ainsi que par « 250 jeunes recrues » infiltrés parmi les manifestants. Selon lui, ces éléments avaient été envoyés par le président en personne et étaient dirigés par certains de ses adjoints. L’aide camp affirme également que l’opération de la répression aurait été planifiée par le ministre en charge de la Sécurité présidentielle, Claude Pivi.

Dans son entretien, Toumba tente de minorer sa responsabilité dans le massacre du 28 septembre. « La responsabilité individuelle que j’ai prise, c’était directement pour sauver les leaders de l’opposition », soutient-il, assurant même avoir tenté de calmer les forces de l’ordre. Le lieutenant accuse surtout son adjoint, le sous-lieutenant Marcel Guilavogui d’avoir dirigé des opérations contre les leaders politiques présents à la manifestation. Pourtant, selon des témoignages recueillis par des médias et des ONG, Toumba aurait brutalisé des manifestants, tiré sur des personnes et laissé des soldats violer des femmes.

« Une trahison totale »

Si l’aide camp a tiré sur le Capitaine Dadis Camara, c’est parce-qu’« il y avait eu une trahison totale » à son égard. « Il a essayé de reposer toutes les charges du 28 septembre sur ma personnes », a-t-il affirmé. Selon la thèse officielle, les évènements du 3 décembre étaient une « tentative de coup d’Etat » résultant d’ « un complot ». Une version démentie par Toumba. « Il (Dadis) est venu me chercher à Koundara (camp militaire) avec tout son cortège dans l’intention de m’arrêter », affirme l’aide de camp, qui dit avoir « ouvert le feu » au moment où le chef des opérations de Dadis Camara se dirigeait vers lui avec une arme.
Depuis, le numéro 1 du régime, qui a reçu une balle au niveau de la nuque côté droit, selon Toumba, « se repose » à l’hôpital militaire de Rabat, au Maroc, après avoir été opéré d’« un traumatisme crânien ». Mais les Guinéens s’interrogent sur son véritable état de santé, puisqu’il n’a toujours pas fait de déclaration, ni d’apparition.

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