Maroc vs Ban Ki-moon, Algérie vs France : deux crises majeures ?


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Plus rien ne va entre le Maroc et Ban Ki-moon d’une part et la France et l’Algérie, d’autre part. Deux crises majeures qui secouent une partie de l’Afrique du Nord, ces derniers jours. « AFRIK.COM » fait le point.

Les relations diplomatiques sont des plus heurtées entre, d’un côté le Maroc et le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, d’un autre, l’Algérie et la France. Que se passe-t-il réellement ?

« Occupation », le mot de trop de Ban Ki-mon ?

S’agissant du Maroc et Ban Ki-moon, tout est parti d’un terme employé par le Secrétaire général de l’ONU, lors d’une visite en Algérie, début mars. Alors qu’il était dans un camp de réfugiés sahraouis à Tindouf, Ban Ki-moon avait dénoncé une « occupation » marocaine, faisant allusion au Sahara Occidental. Un terme qui a heurté Rabat au point de déclencher une crise d’une rare violence entre le royaume et le Sud-Coréen. En effet, suite à cette sortie, le Maroc a marché contre Ban Ki-moon, le dimanche 13 mars 2016. Une marche qui avait réuni pas moins de 3 millions citoyens marocains. Etaient présents à cette marche plusieurs membres du gouvernement marocain, notamment les ministres de l’Intérieur, Mohamed Hassad, des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, du n°2 de la diplomatie, Mme Mbarka Bouaida, Lahcen Daoudi de l’Enseignement supérieur, Nabil Benabdellah de l’Habitat, Fatima Marouane de l’Artisanat, Lahcen Haddad du Tourisme et Driss Merroun de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire.

Voulant éteindre l’incendie créé, Ban Ki-moon adresse une correspondance personnelle au roi du Maroc Mohammed VI, dans laquelle le Secrétaire général de l’ONU présente ses excuses au souverain. Sauf que la missive aura fuité, exacerbant la crise entre le Maroc et Ban Ki-moon d’autant que Rabat impute cette fuite à l’entourage du Secrétaire général de l’ONU. Alors que cette crise est loin de connaître son épilogue, voilà qu’un autre front est ouvert en Afrique du Nord, avec un voisin du Maroc, l’Algérie en l’occurrence, qui n’est pas en odeur de sainteté avec la France.

Panama Papers, le… papier de trop !

A l’origine de la brouille entre Alger et Paris, l’affaire dite des Panama Papers, ces comptes offshore ouverts à l’étranger et qui servent à contourner le fisc. La publication de la photo du Président algérien, Abdelaziz Bouteflika, en Une du journal Le Monde, illustrant un article où il est question d’Abdessalem Bouchouareb, ministre de l’Industrie, éclaboussé par le scandale planétaire des Panama Papers a déclenché la colère d’Alger.

Un article exagéré selon Alger qui a adressé une mise au point au quotidien, qui l’a publiée, précisant qu’il ne visait pas Bouteflika, mais plutôt son entourage. Cela n’a pas suffit à étouffer la brouille puisque le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a convoqué à son département l’ambassadeur de France à Alger, Bernard Emié, pour lui exprimer sa « protestation énergique » contre « la campagne de presse hostile à l’Algérie et à ses institutions, menée en France dans différents médias et à travers d’autres activités publiques ».

Dans un communiqué, le ministre algérien « a fait valoir le fait que ladite campagne malveillante et fallacieuse a atteint son paroxysme avec des manipulations diffamatoires délibérément dirigées contre l’institution présidentielle », soulignant « la nécessité morale et politique que des autorités françaises qualifiées marquent clairement leur réprobation de cette campagne qui est incompatible avec la qualité et le niveau des relations algéro-françaises ». Et pour marquer le coup, Alger a tout bonnement refusé le visas à deux journalistes français, notamment du Monde et de Canal+ qui devaient accompagner Manuel Valls lors de sa visite de ce week-end en Algérie.

Pour éviter d’en arriver à une véritable crise diplomatique entre Paris et Alger, le Premier ministre français, Manuel Valls, a préféré tempérer, samedi soir, insistant que « l’amitié va de pair avec la franchise et le fait de se dire les choses très directement, mais aussi à se comprendre les uns et les autres (…). Et je pense que rien ne doit nous faire dévier de cette alliance stratégique. C’est ça qui compte ».

Si la crise qui mine les relations entre Ban Ki-moon et Rabat est d’une violence sans précédent et a atteint son paroxysme, force est de reconnaître que la tension est latente entre Paris et Alger, espérant que la descente en Algérie du soldat du feu Manuel Valls parvienne à éteindre l’incendie à temps.

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Journaliste pluridisciplinaire, je suis passionné de l’information en lien avec l’Afrique. D’où mon attachement à Afrik.com, premier site panafricain d’information en ligne
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