Maroc : un psychiatre condamné à 20 ans de prison à Fès pour soumission chimique et viols en série


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La justice marocaine a rendu un verdict retentissant dans une affaire qui a profondément ébranlé l’opinion publique. À Fès, un psychiatre reconnu a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir abusé de la vulnérabilité de dix patientes. Les faits, mêlent violences sexuelles, administration de substances psychotropes et exploitation. Des pratiques qualifiées d’« extrême gravité » par les magistrats. Il s’agit de l’un des procès les plus retentissants de ces dernières années au Maroc en matière d’abus médicaux.

Au Maroc, un psychiatre a écopé de 20 ans de réclusion criminelle pour viols répétés sur ses patientes. Le jugement, prononcé hier lundi par le tribunal de première instance de Fès, conclut plusieurs mois d’enquête et d’audiences. L’accusé, identifié par les initiales S. I., a été reconnu coupable d’avoir utilisé sa position de soignant pour instaurer un climat d’emprise psychologique et chimique sur ses victimes. Selon le dossier judiciaire, il aurait orchestré un système de dépendance aux stupéfiants afin de mieux contrôler et exploiter ses patientes.

Une affaire déclenchée par une découverte familiale

L’enquête a débuté après une révélation inattendue au sein du foyer du praticien. Son épouse aurait découvert sur son téléphone portable des vidéos compromettantes montrant des scènes à caractère sexuel impliquant plusieurs femmes. Ces éléments ont conduit les autorités à ouvrir une instruction approfondie. Les perquisitions ont permis de saisir du matériel audiovisuel et des substances illicites. Ce qui confirme l’ampleur du réseau mis en place.

Les investigations ont également révélé l’existence de soirées privées organisées dans une résidence de la médina de Fès. Ces rencontres, présentées comme des rassemblements festifs, auraient servi de cadre à des abus répétés. Les autorités judiciaires ont qualifié ces pratiques de « soumission chimique ». Cette méthode consistant à administrer des drogues à l’insu ou sous pression afin d’altérer le consentement des victimes.

Des complices condamnés et un réseau démantelé

Au terme du procès, plusieurs personnes ont été reconnues coupables de complicité. Un photographe impliqué dans l’enregistrement des scènes a été condamné à six ans de prison. Un proche parent du médecin, accusé d’approvisionner le groupe en cocaïne et en héroïne, a écopé de cinq ans d’emprisonnement. Un infirmier et le propriétaire d’une villa ayant accueilli certaines rencontres ont également été condamnés à des peines d’un an de détention.

Le ministère public a souligné que ces actes portaient atteinte non seulement aux victimes, mais aussi à la confiance du public envers le corps médical. Durant les audiences, plusieurs victimes ont livré des récits bouleversants. L’une d’elles a expliqué avoir été convaincue de suivre des « thérapies alternatives ». Celles-ci intégraient des rituels présentés comme nécessaires à sa guérison. Sous l’effet de substances hallucinogènes prescrites par le psychiatre, elle dit avoir perdu progressivement toute capacité de discernement. « Je me sentais prisonnière, incapable de distinguer le réel », a-t-elle confié à la barre.

Des patientes encouragées à consommer des drogues

Le dossier d’instruction détaille un mécanisme d’une forte emprise psychologique. Les patientes, souvent en situation de fragilité émotionnelle, auraient été encouragées à consommer des drogues jusqu’à développer une dépendance. Certaines auraient contracté des dettes importantes pour financer leur consommation. Une victime a affirmé avoir vendu son appartement pour subvenir à cette addiction imposée, preuve de l’ampleur des dégâts sociaux et financiers. D’où sa condamnation à une lourde peine de prison.

Malick Hamid
Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
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