Maroc : pas de changement au PJD, Abdelilah Benkirane reconduit

Abdelilah Benkirane, le Premier ministre marocain, a été largement plébiscité dimanche 15 juillet. Lors du 7e congrès du Parti Justice et Développement, il a été choisi par les électeurs pour briguer un second mandat au poste de secrétaire général du parti.

Sans surprise, Abdelilah Benkirane, le Premier ministre marocain, a été réélu à la tête du parti islamiste Justice et Développement (PJD), dimanche à l’issu du 7e congrès du parti à Rabat. Ce dernier a recueilli 2 240 voix soit 85,11% du scrutin, face à son adversaire Saad-Edddine El Othmani, actuel ministre des Affaires étrangères (13,15%). Benkirane est donc reconduit au poste de secrétaire général du parti pour un mandat de quatre ans. Les deux autres concurrents, Aziz Rabbah, ministre de l’Équipement et du transport (PJD), et Mustafa Ramid, ministre de la Justice et des libertés (PJD), s’étaient retirés de la course après la première phase de l’élection. Saad-Eddine El Othmani, qui a finalement été élu président du Conseil national du parti, fonction qu’il occupe d’ailleurs depuis 2008, s’est vue félicité par le patron pour avoir eu « le courage » de ne pas se désister à l’instar de ses deux acolytes, Rabbah et Ramid. Le rassemblement a réuni près de 3 300 congressistes, dont 550 femmes.

Les félicitations du roi

Dans son discours, Abdelilah Benkirane a promis « de ne pas changer ». « Vous ne serez pas déçus. Nous voulons le bien pour notre pays, notre peuple et notre roi. Dieu verra nos intentions et couronnera nos actions de succès. Il n’y a de victoire que de la part de Dieu », a ajouté le Premier ministre.

Ce 7e congrès était le premier depuis la victoire des islamistes aux dernières législatives anticipées, en novembre 2011. Le roi Mohammed VI a adressé un message de félicitations à son Premier ministre. Le « commandeur des croyants » a affirmé que le renouvellement de la confiance en la personne de M. Benkirane reflète « la considération dont il jouit auprès des militantes et militants du parti, compte tenu de son parcours militant distingué et des qualités de patriotisme sincère et d’abnégation dans la défense des principes du parti, ainsi que de sa volonté de renforcer la présence effective de ce parti sur la scène politique et partisane nationale ».

Les abonnés absents

Le complexe sportif Moulay Abdellah à Rabat affichait salle comble ce week-end. Toutefois, certaines absences ne sont pas pour autant passées inaperçues. A commencer par l’absence de certains ministres du gouvernement Benkirane, à l’instar de Lahcen Haddad, ministre du Tourisme (Mouvement Populaire), Mohamed Ouzzine, ministre de la Jeunesse et des sports (MP) et Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime (Rassemblement national des indépendants). Le président de la Chambre des représentants, Karim Ghellab, connu pour son opposition à la ligne politique du PJD, a, lui aussi boudé le congrès.

Côté Tunisie, Ennahda tenait son 9e congrès, d’où son absence au congrès du PJD. La délégation du parti socialiste français a laissé sa chaise vide. Selon les organisateurs, l’absence socialiste s’explique par une confusion lors de l’envoi des invitations, mais, en fait, l’équipe de François Hollande a tout simplement décliné l’invitation. En revanche, le Partido Popular (PP) de Mariano Rajoy, au pouvoir en Espagne, s’est contenté d’envoyer un député.

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