Maroc : des normes sanitaires exigées aux producteurs d’huile d’olive

Au Maroc, les associations de consommateurs sensibilisent sur les produits à choisir pour préserver la santé et demandent aux autorités compétentes de renforcer les contrôles. Ce pour éviter d’exposer la santé des consommateurs à divers dangers, avec les huiles frelatées qui inondent le marché, à chaque saison de vente de l’huile d’olive, qui coïncide avec une prolifération du réseau informel de distribution.

L’arrêté numéro 293-16 émis conjointement par le ministère marocain de l’Agriculture et de la Pêche maritime et le ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique, régit la question de la vente de l’huile d’olive. Cet arrêté, sorti en 2016, fixe les différentes caractéristiques organoleptiques et physico-chimiques requises pour la mise en vente de l’huile d’olive et de l’huile de grignons d’olive.

En dépit de son existence depuis quatre ans, les producteurs ne respectent pas toujours à la lettre ses prescriptions, surtout s’ils ne sont pas des producteurs agréés ou ne sont pas bénéficiaires de l’agrément de l’ONSSA (Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires). C’est justement sur la question du respect des normes sanitaires que les associations de protection des consommateurs sensibilisent et interpellent l’ONSSA et le ministère de tutelle.

Il s’agit notamment de la quantité d’acide gras, de stérols, d’acide gras trans, de dialcools triterpéniques contenus dans ces huiles. Il y a aussi la teneur en matière volatile et en eau, en acidité libre, en impuretés insolubles dans l’éther de pétrole, en esters éthylique et méthylique, en trace métallique et la capacité d’absorption en ultraviolets.

Contrôler le secteur informel

Si la plus célèbre fraude en la matière est de mélanger l’huile de table à l’huile d’olive, de nouvelles méthodes frauduleuses se sont ajoutées au cours de ces dernières années. Face à ces manœuvres, la Fédération nationale des droits des consommateurs a averti ces derniers ainsi que les autorités et structures d’encadrement et de contrôle. Bouazza Kharrati, représentant de l’association des consommateurs, a déclaré que l’huile d’olive est la 2e denrée frelatée après le lait. La teneur en acidité de certaines huiles est tellement élevée qu’elles exposent les consommateurs à certaines maladies graves telles que la cirrhose.

Il a averti sur la nécessité d’une prise en charge immédiate de la situation par les structures adéquates. Le phénomène est si poussé que certains producteurs véreux incorporent des éléments chimiques à l’huile de table et la vendent aux consommateurs comme de l’huile d’olive. Il a, en outre, exhorté l’ONSSA à renforcer ses contrôles et invité les responsables du ministère de l’Agriculture à procéder à l’encadrement des producteurs en les incitant à se regrouper en association ou en coopération. Le but de la démarche est de les conduire à un respect des exigences sanitaires et qualitatives requises pour la commercialisation des produits.