Maroc : Chada TV sanctionnée pour apologie de la violence faite aux femmes

Le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle du Maroc a décidé de suspendre la diffusion de l’émission « Kotbi Tonight » de Chada TV pour une durée de trois semaines après des propos violents et misogynes tenus à l’antenne par le chanteur Adil Miloudi.

D’abord diffusée depuis sa création en 2007 par satellite depuis Dubaï, Chada TV avait obtenu le 2 juillet une licence de chaîne privée octroyée par la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) luis permettant une diffusion terrestre. Mais cette nouvelle visibilité lui apporte aussi des contraintes en l’obligeant à respecter de façon plus efficace la réglementation marocaine et les abus ont vite été repérés.

Le 3 juillet , dans le cadre de l’émission Kotbi Tonight le chanteur populaire Adil Miloudi a scandalisé le public en déclarant entre autre amabilités que « celui qui ne tabasse pas sa femme n’est pas un homme » ou que « Tout homme marié doit prendre soin de sa femme, qu’il la frappe ou qu’il la tue, ça le concerne ». La Haute autorité de la communication audiovisuelle a donc décidé de sanctionner la chaîne en demandant la suspension pour 3 semaines de l’émission et la lecture de la sanction en direct. La HACA a relevé « un ensemble de manquements aux dispositions légales et réglementaires applicables à la communication audiovisuelle, en particulier celles relatives à la lutte contre la violence à l’égard de la femme, à l’obligation de maîtrise d’antenne et à la responsabilité éditoriale de l’opérateur« . Les propos d’Adil Miloudi sont une « incitation expresse à cette violence, présentée de manière positive comme un attribut de la virilité et une manifestation de l’affection, voire même un comportement recommandable pour la consolidation des liens conjugaux”.

En septembre 2018, Adil el Miloudi avait déjà créé une polémique en faisant un live dans lequel il prenait la défense de Saad Lamjarred, accusé de viol.  Pour l’instant, ni la chaîne ni le chanteur ne feraient l’objet de poursuite judiciaire.

Lire le communiqué de la HACA