Maroc-Afrique : modèle de co-développement sud-sud ?


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2014 sera-t-elle l’année de l’Afrique par excellence ? Les différents évènements attendus seraient-ils le signe de la montée en vedette du continent Africain ? A y voir de près, le Sommet UE – Afrique qui aura lieu en avril à Bruxelles, le sommet Etats-Unis – Afrique en août à Washington, la visite du Président chinois au Sénégal et la deuxième tournée du Roi Mohammed VI en Afrique sont tous interconnectés. Décryptage.

Fin janvier, le Président Obama invite 47 chefs d’Etats africains à participer au sommet Etats-Unis – Afrique. Le Président l’avait promis lors de sa visite au continent en juin dernier. Derrière ce rassemblement, l’observateur aguerri peut lire une volonté du Président américain de renforcer la présence américaine menacée par plusieurs « partenaires ». Organisé sous le thème de l’investissement, l’objectif est de « mettre en évidence l’engagement des Etats-Unis envers la sécurité de l’Afrique, le développement de la démocratie et de ses habitants ».

De l’autre côté de l’Atlantique, le 4e sommet Union Européenne – Afrique aura pour thème « Investir dans l’élément humain, la prospérité et la paix ». Sur le site du conseil européen1, on peut lire que « Le sommet 2014 sera l’occasion de jeter un nouveau regard sur le partenariat UE-Afrique, de mettre en avant certains des résultats obtenus et d’étudier de nouveaux domaines de coopération future. Parmi les sujets qui seront abordés figureront notamment l’éducation et la formation, les femmes et les jeunes, les flux migratoires légaux et clandestins entre les deux continents, les moyens de stimuler la croissance et de créer de l’emploi, l’investissement en faveur de la paix et les différentes manières de renforcer l’aide apportée par l’UE afin de développer les capacités dont dispose le continent africain pour gérer la sécurité sur son territoire ».

La Chine bascule les équilibres

Si les relations entre l’UE et l’Afrique sont en grande partie fondées sur la stratégie commune UE-Afrique, qui a été adoptée lors du deuxième sommet en 2007, la rencontre à la Maison blanche est quant à elle bousculée par la montée en puissance d’autres investisseurs en Afrique. La Chine, par exemple, qui a pris en charge la construction du siège de l’Union Africaine estimé à 200 millions de dollars. Le plus haut bâtiment d’Ethiopie, achevé en décembre 2011. D’après le site Roads and Kingdoms, la Chine aurait réalisé pas moins de 30 infrastructures gouvernementales et sportives durant ces 50 dernières années3. Lors de sa visite en juin dernier, Obama aurait invité les Africains à poser davantage de questions aux investisseurs étrangers, estimant « important que les Africains s’assurent que ces interactions sont bonnes pour l’Afrique ».

Face à ces différents partenariats, un modèle de co–développement sud-sud est en train de prendre forme, il s’agit du modèle Maroc-Afrique. Une stratégie initiée depuis 2 000 lorsque le souverain marocain créa l’évènement en annonçant, lors du premier sommet Europe-Afrique tenu au Caire, l’annulation de la dette des pays africains les moins avancés et l’exonération totale des droits de douane sur leurs produits exportés au Maroc.

Le déclenchement de la crise malienne, a certes été l’opportunité d’illustrer la présence et la solidarité du Maroc en Afrique. Ce dernier place ce partenariat sous le signe du soutien au développement durable, la valorisation des compétences humaines et l’implication croissante du secteur privé ainsi que de nouveaux acteurs dans le partage d’expertise.

Ainsi, Le Maroc participe à plusieurs projets de développement dans les domaines d’électrification, de gestion des ressources en eau, d’irrigation, d’infrastructures de base, de santé, etc… De même, plusieurs entreprises publiques sont associées à la mise en œuvre de l’action extérieure du Royaume sur le Continent. C’est dans ce sens que le Roi Mohammed VI a démarré sa deuxième tournée en moins d’un an.

Arrivé mardi soir à Bamako pour une visite de cinq jours au Mali, il poursuivra ensuite sa tournée en Guinée, en Côte d’Ivoire et au Gabon. Cette tournée est suivie de près par les observateurs et les différents partenaires du Royaume, dans le sens qu’elle devrait être présentée comme modèle de co-développement sud-sud dans les deux sommets attendus UE- Afrique et Etats-Unis-Afrique.

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