Mariage blanc : la petite entreprise d’un pasteur anglais

Un pasteur anglais a été jugé coupable lundi d’avoir violé les lois sur l’immigration et condamné à quatre ans de prison. L’homme d’église s’est rendu coupable d’avoir célébré des mariages blancs dans sa paroisse à St Leonards-on-Sea, dans le sud de l’Angleterre. Il unissait des immigrés africains à des femmes originaires d’Europe de l’Est en situation régulière, moyennant finances.

Le révérend Alex Brown, pasteur anglican de la commune de St Leonards-on-Sea, à une centaine de kilomètres au sud de Londres, s’est fait sonner les cloches lundi par le juge du tribunal de Lewes. L’homme d’église a en effet écopé de quatre ans de prison pour avoir célébré 383 mariages blancs entre 2005 et 2009. Le registre de mariage de sa paroisse avait littéralement explosé : 30 fois plus de cérémonies avaient eu lieu dans son église depuis qu’il s’était lancé dans une activité illégale et sans doute lucrative. Il unissait des femmes des pays de l’Est vivant légalement au Royaume-Uni à des immigrés africains, originaires majoritairement du Nigeria.

Le révérend, âgé de 61 ans, n’agissait pas seul, il était entouré de deux complices, Michael Adelasoye, un avocat de 50 ans, et Vladymyr Buchak, un Ukrainien de 33 ans, chargé de recruter et de convaincre des Européennes de l’Est de se marier illégalement. Une activité bien loin de la charité chrétienne puisque ce service était payant pour les immigrés africains. Bien que le révérend Brown ait affirmé qu’il ne vérifiait pas la validité des passeports des couples et assuré ne pas voir participé pour l’argent, les recettes de sa petite église avaient connu un bond considérable entre janvier et juin 2009 passant de 1000 livres à 22000 livres (de 1200 à 26500 euros).

Après enquête, il s’est avéré que les immigrés unis par le révérend étaient en grande partie déjà mariés et avaient des enfants dans leur pays d’origine. Condamné pour violation du droit de l’immigration, le révérend Brown doit à présent troquer sa robe de religieux pour une tenue de détenu.