
Vainqueur d’Al Ahli (2-1) samedi à Pretoria, Mamelodi Sundowns a remporté la Coupe Afrique-Asie-Pacifique de la FIFA et rejoint la Challenger Cup de la Coupe Intercontinentale. Depuis la création de cette compétition mondiale en 2000, seuls deux clubs africains ont atteint une finale, et tous deux ont perdu. Le dernier remonte à 2013.
Devant son public du Loftus Versfeld Stadium, Mamelodi Sundowns a dominé Al Ahli, le club saoudien champion d’Asie, au terme d’un match disputé jusqu’au bout. Nuno Santos a ouvert le score dès la 17e minute, d’une tête sur un centre de Teboho Mokoena. Deux minutes plus tard, Al Ahli égalisait par une frappe de Firas Al-Buraikan déviée sur le gardien sud-africain Ronwen Williams qui terminait au fond, un but que la FIFA a finalement attribué contre son camp au portier. Il aura fallu attendre la 79e minute pour voir Santos surgir une seconde fois dans les airs, sur un service de Thabang Matuludi, et offrir la qualification aux « Brazilians ».
Une décennie de mue pour les « Brazilians »
Ce nouveau trophée confirme une transformation entamée depuis dix ans. Longtemps cantonné à sa domination sur le seul championnat sud-africain, le club de Pretoria s’est progressivement installé parmi les grandes formations continentales. Premier basculement en 2016, avec un premier titre de Ligue des champions de la CAF décroché face au Zamalek sous la direction de Pitso Mosimane. La Supercoupe d’Afrique suit en 2017. En 2023, Sundowns devient le premier vainqueur de l’African Football League, aux dépens du Wydad Casablanca.
Le retour au sommet continental aura pris plus de temps. Battu en finale par Pyramids en 2025 (3-2 sur l’ensemble des deux rencontres, après un match aller à Pretoria puis une défaite 2-1 au Caire), Sundowns a pris sa revanche sur le calendrier en mai dernier, en dominant l’AS FAR de Rabat 2-1 sur l’ensemble des deux matches. Ce second sacre continental leur a ouvert les portes de la Coupe Intercontinentale 2026 et garanti une place à la Coupe du monde des clubs 2029.
Le vrai adversaire s’appelle 2010 et 2013
Depuis la création de l’ancienne Coupe du monde des clubs en 2000, l’Afrique n’a placé que deux représentants en finale de la compétition mondiale, et les deux ont perdu. En 2010, le TP Mazembe avait créé la surprise en éliminant les champions sud-américains d’Internacional, avant de s’incliner 3-0 face à l’Inter Milan d’un certain Samuel Eto’o. Trois ans plus tard, le Raja Casablanca renouvelait l’exploit en écartant l’Atlético Mineiro, avant de tomber 2-0 devant le Bayern Munich. Depuis, plus aucun club africain n’a retrouvé cette finale.
Sundowns n’y est pas encore. Mais le club sud-africain se retrouve à deux victoires d’un rendez-vous que l’Afrique attend depuis treize ans avec une place en finale de la Coupe Intercontinentale.
Le fantôme de Pyramids
Le parcours qui attend Sundowns a déjà été emprunté l’an dernier, par le club même qui les avait privés de titre continental. Vainqueur de la Coupe Afrique-Asie-Pacifique 2025 en écartant Al Ahli 3-1, Pyramids avait rejoint la Challenger Cup en décembre, à une victoire d’un choc rêvé face au Paris Saint-Germain. Les Égyptiens s’étaient inclinés 0-2 devant les Brésiliens de Flamengo, deux buts de la tête concédés sur corner, et avaient manqué cette finale pour un match.
Sundowns a donc déjà fait mieux que Pyramids sur un tableau : le club a repris le titre continental que les Égyptiens lui avaient soufflé en 2025. Il lui reste maintenant à réussir là où son ancien bourreau a échoué, en franchissant l’étape où Pyramids s’est arrêté.
La suite du parcours
Mamelodi Sundowns doit désormais disputer la Challenger Cup face au vainqueur du Derby des Amériques, qui opposera en novembre le club mexicain de Toluca au futur champion de la Copa Libertadores. Une victoire en décembre ouvrirait la voie à une finale face au Paris Saint-Germain, double tenant du titre européen après son sacre à Budapest en mai face à Arsenal, et déjà qualifié directement pour cette finale en tant que champion d’Europe en titre.
Pour le football sud-africain, l’enjeu dépasse donc largement le trophée soulevé samedi à Pretoria. En s’attaquant à un plafond que ni Mazembe ni Raja Casablanca n’avaient réussi à franchir, Sundowns joue moins sa place parmi les meilleurs clubs africains, déjà acquise, que sa place dans l’histoire du football mondial.




