Malia Metella, la nage en héritage

Malia Metella a de l’énergie à revendre et une détermination que rien ne semble pouvoir entamer. Des atouts qui lui ont permis d’être sacrée vice-championne olympique sur 50m nage libre et vice-championne du monde sur 100m nage libre. La capitaine de l’équipe de France féminine de natation raconte sa passion pour son sport et son attachement à ses terres d’origine : la Guyane et le Maroc.

Malia Metella passe sa vie dans l’eau mais garde les pieds sur terre. La capitaine de l’équipe de France féminine de natation s’entraîne dur au club des Dauphins Toulouse OEC pour atteindre les sommets. Sa détermination a payé. En 2004, cette Guyano-Marocaine de 26 ans est devenue vice-championne olympique sur 50m nage libre et, l’année suivante, elle remportait la place de vice-championne du monde sur 100m nage libre. Le succès n’a pas été au rendez-vous lors des Jeux Olympiques de Pékin (Chine, du 8 au 24 août) mais Malia Metella reste positive et garde la pêche et le sourire ! Interview.

Afrik.com : La natation, c’est une histoire de famille…

Malia Metella :
J’ai dit à ma mère que je voulais faire la même chose que ma sœur, tout simplement. Ma sœur faisait déjà de la natation et j’accompagnais partout ma mère et ma sœur à l’entraînement et en compétition. Alors j’ai voulu partager encore ces moments de sport avec ma sœur. Ma mère, qui était une grande passionnée de natation, nous a un peu transmis sa passion.

Afrik.com : Suivez-vous un entraînement particulier pour être au top physique et mental ?

Malia Metella :
Oui, le soleil ! C’est le plus important. Je m’entraînais l’an dernier toute l’année en piscine découverte à Toulouse et, franchement, le soleil change beaucoup de choses. Il donne la motivation pour pouvoir faire le kilométrage demandé par l’entraîneur et ça donne plus envie de s’entraîner que si on s’entraîne sous la pluie.

Afrik.com : Avez-vous d’autres recettes?

Malia Metella :
Il y a peut-être la force de caractère. Dans un sport difficile, ça peut aussi compter.

Afrik.com : Que symbolisent pour vous vos titres de vice-championne olympique et de vice-championne du monde ?

Malia Metella :
Les plus beaux titres de ma carrière, en tout cas ! J’en suis très fière, d’autant qu’on ne m’attendait pas sur ces titres. Ça représente beaucoup de choses, dont tout le travail qui a été fait pendant plusieurs années, et je dirai même pendant une dizaine d’année. Donc je suis très contente.

Afrik.com : Est-ce que ces titres démentent selon vous les allégations selon lesquelles les Noirs ont une anatomie moins adaptée pour la natation ?

Malia Metella :
Forcément, ce doit être encore les scientifiques qui ont dit ça ! (rires) On m’a déjà sorti plusieurs fois des choses comme : « Les scientifiques ont dit que normalement les Noirs n’étaient pas faits pour nager, qu’ils allaient couler ». Je répondais : « Ben, apparemment, je n’ai pas coulé ! ». Les scientifiques ont encore d’autres recherches à faire…

Afrik.com : Vous êtes rentrée sans titre de Pékin. Quel bilan faites-vous de ces Olympiades ?

Malia Metella :
J’ai vécu une belle aventure. Les Jeux étaient super bien organisés. Franchement, il n’y avait rien à redire. Ils étaient vraiment attentionnés envers nous. Sur le plan sportif, j’étais forcément un peu déçue parce qu’on s’attendait à autre chose, vu que j’avais passé une belle année, où j’avais eu de bons résultats. Mais je ne vais pas me plaindre parce que je suis quand même allée au J.O. et que j’ai fait une finale avec le relais [4x100m nage libre]. Donc c’est quand même quelque chose de bien.

Afrik.com : Vous êtes capitaine de l’équipe féminine de natation française. En quoi consiste votre rôle ?

Malia Metella :
Quand ça ne va pas, rappeler un peu tout le monde pour parler des choses qui ne vont pas. Même quand ça va, on peut toujours faire des réunions et encourager pour que ça continue. Quand il y a des choses à transmettre entre les cadres techniques et les nageurs, on fait passer le message. C’est surtout ça.

Afrik.com : Lorsque Laure Manaudou a eu son coup blues, l’avez-vous soutenue ?

Malia Metella :
Oui, j’étais là et il y avait surtout Alena Popchanka, qui était sa camarade de chambre, qui était souvent présente pour lui remonter le moral. Moi j’étais là pour parler d’autres choses que ses performances pour qu’elle puisse oublier ses moments difficiles.

Afrik.com : Vous avez un état d’esprit très positif. Avez-vous essayé de le lui transmettre ?

Malia Metella :
Oui, forcément. On lui disait surtout de continuer à se battre jusqu’à la fin de cette compétition pour montrer qu’elle ne baisse pas les bras au bout d’une course.

Afrik.com : Vous êtes étudiante en journalisme. Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Malia Metella :
Par rapport à cet échange que j’avais souvent avec les journalistes et que j’aimais beaucoup. Ce métier me rapprochait aussi au maximum du sport. Je voulais faire quelque chose qui ait un rapport avec le sport et le journalisme était ce que je préférais le plus.

Afrik.com : Comment conciliez-vous vos études et la natation ?

Malia Metella :
Je suis à l’Institut national des sports qui permet justement de concilier études et sport. Donc c’est très facile. Les études sont aménagées en fonction des heures de natation.

Afrik.com : Vous avez du sang guyanais et marocain. Retournez-vous souvent au Maroc et en Guyane ?

Malia Metella :
Quand j’étais plus jeune, on allait tous les deux ans au Maroc. Il y a deux ans, je suis retournée voir ma grand-mère [installée] en Algérie pour les vacances. Je vais en Guyane deux fois par an : pour Noël et les grandes vacances d’été.

Afrik.com : Est-ce important pour vous de garder ces deux cultures ?

Malia Metella :
Ah oui ! Forcément ! Je suis toujours en contact avec ma famille qui se trouve au Maroc ou en Algérie. J’ai de la famille qui parle arabe, de la famille qui parle créole ou français. C’est génial d’avoir un métissage et des racines vraiment différents.

Afrik.com : Vous sentez-vous attirée par l’Afrique ?

Malia Metella :
Oui, bien sûr. Elle m’attire beaucoup. Par curiosité surtout à cause du fait de ne pas connaître les racines de mes ancêtres. J’ai peut-être deux racines, mais on vient tous du même endroit nous, les personnes de couleur. On vient forcément de l’Afrique noire.

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