Coralie Balmy, princesse des eaux

Coralie Balmy

Coralie Balmy a raté le bronze de peu lors des Jeux Olympiques qui se sont déroulés cet été à Pékin (Chine). Déçue mais pas battue, la jeune Martiniquaise a foi en son potentiel et espère bien se rattraper un jour. Les performances que la championne de France et vice-championne d’Europe 2008 du 400m nage libre a réalisées en 2008 laissent à penser qu’elle a toutes ses chances…

Coralie Balmy nage dans le bassin des grands. La Martiniquaise de 21 ans a remporté en 2008 plusieurs titres français[[Championne de France 2008 du 400m nage libre, vice-championne de France 2005 et 2006 du 200m nage libre]] et européens[[Vice-championne d’Europe 2008 du 400m nage libre, championne d’Europe du 4x200m nage libre]] sur sa spécialité, le 400m nage libre. Mieux, aux Jeux Olympique de Pékin (Chine, du 8 au 24 août) elle est parvenue à devancer Laure Manaudou, recordwoman et championne olympique sur cette distance. Un brin timide, la sociétaire du club des Dauphins Toulouse OEC (Toec) revient sur sa jeune carrière et sur ce qu’elle a retiré de sa première participation aux J.O.

Afrik.com : Pourquoi avez-vous choisi la natation ?

Coralie Balmy :
C’est ma mère qui nous a emmenés à la piscine pour la première fois avec mon frère en Martinique. Je devais avoir quelque chose comme trois ans. Elle a toujours aimé nagé et elle nous a communiqué sa passion. Depuis on s’est inscrit en club, on a fait des compétitions… Mon frère a arrêté parce que ce n’était pas trop sa passion. Moi, j’aimais de plus en plus donc j’ai continué jusqu’à ce que je commence à avoir des résultats intéressants. A partir du lycée, j’ai décidé de partir en métropole parce qu’il n’y avait pas de structures aménagées en Martinique et que, si j’y étais restée, j’aurais dû arrêter la natation. Donc je me suis retrouvée à Toulouse au club des Dauphins du Toec. Pourquoi Toulouse ? Parce que c’est la ville rose, qu’elle avait une bonne réputation, que le club avait de bons résultats. On avait commencé à rencontrer un peu les entraîneurs et il y avait une bonne entente. Tout se passe bien depuis maintenant six ans. Et il n’y a pas de raison que je parte.

Afrik.com : Comment vous préparez-vous physiquement et mentalement ?

Coralie Balmy :
Pour la préparation physique on a un professeur de musculation et de préparation physique qui s’occupe de nous tous les jours. Pour la préparation mentale, des nageurs peuvent être suivis par un psychologue qui est mis à disposition au Creps (Centre d’éducation populaire et de sport, ndlr) de Toulouse pour les sportifs. D’autres se débrouillent seuls, comme moi.

Afrik.com : Qu’est-ce qui vous donne la niaque ?

Coralie Balmy :
Ce qui me motive, c’est de voir tout ce que je fais tous les jours dans l’eau. Je me dis que ce n’est pas normal si je n’y arrive pas, et que si d’autres y arrivent je ne vois pas pourquoi moi ça ne marcherait pas.

Afrik.com : Lors des présélections pour les Jeux Olympiques de Pékin, vous avez battu sur 400m Laure Manaudou, recordwoman mondiale et championne olympique sur cette discipline. Quel a été votre sentiment ?

Coralie Balmy :
J’ai ressenti avant tout une grande joie d’avoir décroché mon billet. Je ne pensais vraiment qu’à ça. Après, avoir battu Laure, c’est sûr que c’était super étant donné qu’elle n’avait jamais été battue depuis quatre ans sur cette distance. Mais chacun a ses hauts et ses bas. Et je pense qu’elle saura rebondir même si elle a eu un passé difficile.

Afrik.com : Une fois aux Jeux Olympiques, vous êtes arrivée quatrième sur le 400m et Laure Manaudou huitième, la dernière place, parce qu’elle a lâché prise. Etiez-vous contente de votre performance ?

Coralie Balmy :
Oui, bien sûr ! Si on m’avait dit ça avant mon départ, j’aurais signé tout de suite ! C’est sûr qu’après coup j’étais un peu déçue d’être arrivée quatrième à huit centièmes. Je suis restée sur ma faim. Mais je ne peux franchement pas cracher dessus. On était toutes les quatre premières dans la même seconde. C’était une course vraiment extra et je ne regrette rien et, si c’était à refaire, je le referais.

Afrik.com : Que retirez-vous des J.O. de Pékin, qui étaient vos premières Olympiades ?

Coralie Balmy :
C’est extraordinaire de savoir qu’il y a autant de monde qui travaille pour atteindre le même objectif. On se retrouve tous là pour le même but. Ça fait froid dans le dos parce que parfois on se sent seul. On se dit : « Je dois encore aller à l’entraînement. Mes copains, ils sortent de l’école et ils rentrent chez eux… » Mais comme on est extrêmement nombreux dans ce cas-là, on ne se sent plus seul et on a la niaque.

Afrik.com : Comment votre quatrième place a été accueillie par vos proches ?

Coralie Balmy :
Très bien ! Ils étaient tous fiers de moi. Et j’en suis contente parce que je restais un peu sur un sentiment de déception étant donné que je suis passée vraiment à pas loin [de la médaille]. Mais [mes proches] voyaient les choses avec plus de recul et ils ont peut-être mieux analysé que moi, et ça m’a fait du bien. Et ça m’a aidé à prendre conscience que c’est extra, une quatrième place !

Afrik.com : Et en Martinique, la fête a-t-elle été au rendez-vous ?

Coralie Balmy :
J’ai été accueillie à l’aéroport et j’ai été vraiment surprise ! J’ai été agréablement surprise. Il y avait plein de jeunes de différents clubs martiniquais qui étaient venus avec une grande banderole, des bouquets de fleurs… Ça m’a vraiment émue car même si ça fait maintenant six ans que je suis partie, ils m’ont dit qu’ils étaient tous devant leur télé à regarder les Jeux de natation. C’est vraiment super d’avoir pu communiquer ma passion à la Martinique.

Afrik.com : Avez-vous dignement célébré votre performance avec votre compagnon Alain Bernard, devenu à Pékin le premier français champion olympique sur 100m ?

Coralie Balmy :
Je ne réponds pas aux questions personnelles…

Afrik.com : Dans ce cas, qu’avez-vous éprouvé lorsqu’il a été médaillé d’or olympique ?

Coralie Balmy :
Une immense joie. C’est le fruit de tout un travail. Il se donne du mal depuis maintenant très longtemps et il a tout mis en place autour de lui pour y arriver. Il le méritait vraiment. C’était une grande joie pour toute l’équipe. Ça nous a boostés, ça nous a vraiment encouragés. On s’est dit : « Voilà, on a notre place parmi les meilleurs mondiaux ».

Afrik.com : Vous avez remporté plusieurs titres sur les plans français et européen. Quel prochain titre visez-vous ?

Coralie Balmy :
Je veux goûter à tous les titres, si c’est possible. On ne va pas se mettre des barrières. Après, tout dépend des circonstances et de plein d’autres choses. On verra le jour J !