Mali : le JNIM annonce la fin du blocus de Léré après près d’un an


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Des éléments du Jnim
Des éléments du Jnim

Le blocus de Léré, dans la région de Tombouctou, doit prendre fin après un accord conclu le 31 août entre des représentants de la population et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Les négociations ont duré environ un mois. Le déminage de certains axes routiers doit encore être effectué avant la réouverture complète de la ville.

Le blocus de Léré, instauré en octobre 2025, a empêché pendant plusieurs mois l’entrée et la sortie des populations et des marchandises. La localité, située dans le cercle de Niafunké, dans la région de Tombouctou, est proche de la frontière mauritanienne. Selon des participants aux discussions, les négociations ont été engagées à l’initiative des habitants, par l’intermédiaire de chefs traditionnels et communautaires. L’accord conclu lundi 31 août prévoit la levée du dispositif après le déminage de certaines portions de route.

Une ville confrontée aux pénuries

Durant la période de blocus, l’approvisionnement de Léré en produits alimentaires et en biens de première nécessité a été fortement réduit. Les véhicules de l’armée malienne, qui dispose d’une position militaire dans la ville, continuaient à circuler, contrairement aux autres véhicules et aux convois civils. Les autorités militaires locales et le gouvernorat de Tombouctou ont participé aux discussions ayant conduit à l’accord.

Des responsables communautaires ont décrit une situation de pénurie prolongée, notamment pour les denrées alimentaires. Le détail des engagements pris par les différentes parties dans le cadre de l’accord du 31 août n’a pas été rendu public. Un participant aux négociations a indiqué que les parties avaient pris des engagements concernant la sécurité des habitants. La levée effective du blocus est annoncée dans un délai de trois à quatre jours, sous réserve de l’achèvement des opérations de déminage.

Des accusations contre les forces maliennes

La situation à Léré s’inscrit dans un contexte de violences opposant les forces maliennes et les groupes armés actifs dans le nord et le centre du pays. Des habitants et des sources locales ont accusé des militaires maliens et des combattants étrangers associés aux forces maliennes d’avoir commis, ces dernières années, des exactions dans la zone. Les accusations portent notamment sur des meurtres de civils, des vols de bétail et de biens ainsi que des destructions de bâtiments.

Le JNIM avait présenté le blocus comme une mesure de représailles contre les populations considérées comme coopérant avec les autorités. Des sources locales ont décrit le dispositif comme une sanction imposée à l’ensemble de la population de Léré. Les autorités maliennes n’ont pas publié de bilan détaillé des incidents évoqués par les habitants dans le cadre des négociations.

Une attaque du JNIM contre le camp de San

Quelques semaines avant l’accord concernant Léré, le JNIM avait revendiqué une attaque contre le principal camp militaire des Forces armées maliennes (FAMa) à San, dans la région de Ségou. L’assaut avait eu lieu le 9 août 2026. Selon les informations communiquées après l’attaque, au moins 12 militaires maliens ont été tués.

Les combattants sont arrivés à moto et à pied, selon des témoignages recueillis après les affrontements. Certains auraient porté des tenues ressemblant à celles des forces maliennes. Les échanges de tirs ont commencé tôt le matin et se sont poursuivis pendant plusieurs heures aux abords du camp. Le JNIM a revendiqué l’opération, tandis que l’armée malienne a évoqué une tentative d’attaque contre son emprise.

Des combats à proximité de la base

Des habitants de San ont rapporté avoir entendu les premiers tirs vers 5 heures du matin. Les affrontements se sont poursuivis jusqu’au début de la matinée. Selon les témoignages disponibles, les combats ont eu lieu à quelques centaines de mètres de la base militaire. Certains assaillants auraient réussi à pénétrer dans l’enceinte avant de quitter les lieux.

Après le départ des combattants, l’armée malienne a annoncé avoir repris le contrôle de la position. Les habitants avaient été invités à rester chez eux pendant plusieurs heures. Des informations ont également fait état de matériel militaire emporté par les assaillants, sans précision officielle sur la quantité ou la nature exacte des équipements concernés.

Les attaques contre les convois militaires

L’attaque de San est intervenue dans une période marquée par des opérations du JNIM contre les forces maliennes et leurs lignes de ravitaillement. Le 18 juillet, un convoi des FAMa circulant entre Anéfis et Gao avait été attaqué dans la zone de Tabrichat. Des sources avaient fait état de militaires capturés à l’issue des combats.

Le Front de libération de l’Azawad (FLA), mouvement à dominante touarègue, avait également revendiqué une participation à cette opération et annoncé la capture d’une vingtaine de soldats maliens. Des images présentées comme provenant de l’attaque avaient circulé après les affrontements. L’état-major malien avait indiqué que des frappes aériennes avaient permis au convoi de poursuivre sa progression vers Gao, sans publier de bilan humain complet.

Le JNIM et le contrôle des axes routiers

Les événements de Léré et les attaques contre les convois s’inscrivent dans une stratégie plus large de pression exercée par le JNIM sur les axes de circulation maliens. Depuis 2025, le groupe a également ciblé les convois de carburant destinés à Bamako. Ces opérations ont provoqué des perturbations de l’approvisionnement en hydrocarbures et affecté les activités économiques dans plusieurs régions.

Au début de 2026, des négociations avaient également permis la libération de personnes détenues par les autorités maliennes dans le cadre d’un arrangement lié à la circulation des convois de carburant. Ces discussions avaient été rapportées par plusieurs sources sécuritaires et locales. Le JNIM avait auparavant multiplié les attaques contre les camions-citernes reliant le Mali aux ports de pays voisins.

Alioune Diop
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
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