
La rentrée scolaire 2026-2027 s’ouvre ce 1er octobre au Mali avec un lourd handicap. Plus de 2 400 établissements restent fermés à travers le pays, laissant plus de 733 000 enfants sans possibilité de reprendre normalement le chemin des classes.
À Bamako comme dans les régions les plus touchées par les violences, la rentrée scolaire n’est pas effective de la même manière. Sur les 11 860 établissements recensés, plus d’un sur cinq ne peut toujours pas fonctionner, selon les chiffres communiqués à la veille de la rentrée à partir du rapport Cluster Éducation Mali (ministère, UNICEF, Save the Children). publié le 24 juin 2026. En 2020, environ 1 300 écoles étaient fermées. Le chiffre atteignait quelque 1 800 établissements en 2024 et dépassait déjà les 2 000 en 2025. L’UNICEF recensait ainsi 2 036 écoles non fonctionnelles en juin 2025. Quelques mois plus tard, plus de 2 300 établissements étaient encore considérés comme non fonctionnels, affectant plus de 690 000 enfants.
Le Nord et le Centre paient le plus lourd tribut
Les régions du Nord restent particulièrement exposées. À Kidal, 84 % des écoles seraient fermées, tandis qu’à Ménaka, plus de la moitié des établissements ne fonctionnent pas. Dans le Centre, les zones de Bandiagara, Douentza et Tenenkou figurent également parmi les secteurs les plus durement touchés. La plus touché reste Ségou avec 506 écoles fermées. Environ 14 700 enseignants sont concernés.
Les causes sont multiples. Certaines écoles ont été attaquées, pillées ou détruites. D’autres sont occupées par des familles déplacées par les violences. Dans plusieurs localités, les enseignants hésitent à rejoindre leur poste, lorsque les conditions de sécurité ne permettent plus d’assurer normalement les cours.
En mai 2026, l’UNICEF signalait encore qu’une école de la région de Mopti avait été affectée par les violences, avec notamment la présence d’hommes armés et d’un engin explosif à proximité, perturbant la scolarité d’au moins 300 enfants.
Une année placée sous le signe de l’éducation
Le contraste est particulièrement marqué cette année. Le président de la Transition, Assimi Goïta, a officiellement placé 2026-2027 sous le signe de « l’Année de l’éducation et de la culture ». Les autorités disent vouloir investir dans les infrastructures, améliorer la qualité de l’enseignement et mobiliser l’ensemble des acteurs autour de l’école. Et c’est précisément cette année que le nombre d’écoles qui demeurent fermées est le plus élevé. C’est dire donc que le challenge qui s’impose aux autorités maliennes va au-delà de la construction de salles de classe. Il faut aussi sécuriser les établissements, permettre aux enseignants de rejoindre leurs postes et offrir des solutions d’apprentissage aux enfants déplacés ou vivant dans les zones où l’école reste inaccessible.
Le gouvernement a d’ailleurs multiplié les concertations avec syndicats, parents d’élèves et autres acteurs avant la rentrée. La question des écoles fermées et de la situation des enseignants à Kidal et Ménaka figurait parmi les préoccupations soulevées lors de ces échanges.





