Mali : Cheick Modibo Diarra cherche à former un nouveau gouvernement

Le Premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra, poursuit les consultations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement, avant le 31 juillet. Or, son impopularité auprès de la classe politique risque de lui être préjudiciable, tandis qu’une bonne partie du pays est toujours occupée par les groupes islamistes.

Cheick Modibo Diarra poursuit ses consultations en vue d’une formation de gouvernement. Critiqué et acculé, il tente tout de même de sauver son poste et de former la nouvelle équipe gouvernementale. Les partis politiques ont même déjà déposé des noms de ministrables. Cheick Modibo Diarra peut compter sur le soutien d’une coalition dénommée la Convergence pour sauver le Mali (CSM), favorable à son maintien et à l’union nationale autour des organes de transition.

Alors que le débat n’est pas encore tranché, le président de transition Dioncounda Traoré devrait rentrer sous peu à Bamako, la capitale. Actuellement en soins en France après l’agression dont il a été victime, son retour dans le pays pourrait calmer les esprits. Dioncounda Traoré, investi président de la République par intérim le 12 avril 2012, avait nommé Cheick Modibo Diarra au poste de Premier ministre cinq jours plus tard. Or, l’absence du premier et le manque de résultats du second, entraînent beaucoup de mécontentement. La situation au Nord-Mali impatiente les Maliens, qui n’ont pas oublié les promesses de reconquête nationale du Premier ministre. Voir la vidéo ci-dessous :

Un Premier ministre fragilisé mais coriace

Dans un communiqué, daté du mardi 24 juillet, la principale coalition de l’opposition a réclamé la démission de Cheick Modibo Diarra et la formation d’un véritable gouvernement d’union nationale. Ce groupement de partis politiques et d’associations, du nom de Front uni pour la sauvegarde de la Démocratie et la République (FDR), exerce une forte pression et accuse en plus le Premier ministre de faiblesse vis-à-vis des militaires.

En plus de cette opposition interne, une seconde pression est exercée sur le gouvernement de transition. Celle-ci vient de l’extérieur. Il s’agit de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), qui souhaite avec beaucoup de force qu’un gouvernement d’union nationale soit mis sur pied avant le 31 juillet. Cependant, Modibo Diarra ne compte pas démissionner et pourrait ne pas respecter cette échéance, afin de se trouver assez de soutiens. Pendant ce temps, les groupes islamistes dans le Nord du pays, s’installent durablement.

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