Mali : Bamako tourmentée par la Fusion du MNLA et Ansar Dine

L’unité du Mali est plus que jamais menacée. Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et le mouvement islamiste Ansar Dine ont annoncé samedi leur fusion et proclamé un « État islamique » indépendant dans le nord Mali. A Bamako, le gouvernement transitoire et la Cedeao rejettent pour leur part toute idée de création de l’Azawad.

Les deux mouvements armés qui occupent le nord du pays à la suite du putsch du 22 mars fusionnent. La rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), sécessionniste et Ansar Dine, qui prône l’instauration de la charia dans tout le pays, ont en effet décidé samedi la création d’un Conseil transitoire de l’Etat islamique de l’Azawad. Leur protocole d’accord reconnaît notamment le Coran comme source du droit. Mais les deux mouvements armés ont du mal à s’entendre sur l’application effective de la loi islamique dans le septentrion malien.

Cette fusion si elle est effective va rendre encore difficile la restauration de l’intégrité territoriale pour les autorités de la transition malienne. Des autorités par la voix du ministre de la communication et porte du gouvernement Hamadoun Touré ont rejeté la création d’un Etat islamique dans le nord. Pour M. Touré le Mali doit rester un pays laïc. La Cédéao a pour sa part dénoncé «la tentative de création» d’un Etat islamique dans le nord du Mali et affirme à nouveau qu’elle est prête à prendre toutes les mesures nécessaires en vue de préserver l’intégrité territoriale du Mali.

Bamako tente d’apaiser la situation

Pendant ce Temps à Bamako, le front uni pour la défense de la république (FDR), une organisation opposée au putsch du 22 mars dernier tente de calmer le jeu. Le FDR a décidé de reporter la marche de protestation du 29 mai qu’elle comptait organiser à la place de l’indépendance. Cela pour protester contre l’agression du président de la transition Dioncounda Traoré survenue le lundi 21 mai dernier. Pour le front anti junte, sa décision s’explique dans un souci d’apaisement du climat politique. Et l’annonce de ce report est survenue à la suite d’une intense médiation entreprise par le Haut Conseil Islamique, les Eglises protestantes, Catholique, et les familles fondatrices de Bamako.

En lieu et place de la manifestation à la place de l’indépendance de Bamako, le FDR a demandé à l’ensemble des Maliens d’observer cinq minutes de silence mardi 29 Mai à 10h (GMT). Une autre manière, de manifester son mécontentement face à la crise politique qui secoue le Mali. Et d’avoir de larges pensées pour nos compatriotes du nord. Pendant ce temps, le président de la transition malien, Dioncounda Traoré pourrait regagner le pays la semaine prochaine après un rendez-vous mardi à l’hôpital. L’annonce a été faite par le premier ministre Cheik Modibo Diarra qui a rencontré en fin de semaine dernière les présidents burkinabé Balise Compaoré, le médiateur de la crise malienne et ivoirien Alassane Dramane Ouattara le président en exercice de la Cedeao.

Lire aussi :

 Mali : Bamako se heurte de nouveau à la crise du nord

 Le Mali dans l’ombre des islamistes