Mali : accord inespéré entre Bamako et la Cedeao

Accord de dernière minute entre la Cedeao et le Mali. Les autorités de Bamako ont donné leur feu vert à un déploiement des troupes non combattantes de l’organisation ouest-africaine dans la capitale malienne. Mais la présence des casques blancs de l’organisation sous-régionale doit se faire dans la discrétion totale. Cela afin de ne pas choquer la population qui a du mal a comprendre ce déploiement annoncé de forces africaines au Mali.

(De notre correspondant)

In extremis, ainsi peut-on qualifier l’accord intervenu dimanche entre la Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) et le gouvernement malien. Au terme de l’accord entre les deux parties, la Cedeao accepte l’exigence des autorités maliennes qui rejettent la présence de troupes combattantes étrangères dans la capitale. Par contre l’organisation sous régionale pourra établir un quartier général opérationnel et une base logistique à Bamako avec des forces de police. Pour le ministre malien de la Défense et des anciens combattants, le colonel major Yamoussa Camara, cette présence de soldats ouest-africains dans la capitale malienne doit se faire dans la discrétion.

Cela afin de ne pas heurter la sensibilité des Maliens dont une grande majorité a du mal a accepté le déploiement des troupes de la Cedeao à Bamako. « Nous ne sommes pas contre l’aide de la Cedeao, mais c’est au Nord que les soldats doivent être déployés. Cela pour libérer notre septentrion des mains des terroristes et autres islamistes armés », soutient Mohamed Guindo, un habitant de la capitale malienne. « C’est un ouf de soulagement. Cet accord est le bienvenu. Maintenant la Cedeao doit libérer les armes de notre pays qu’elle a bloquées dans plusieurs ports de la sous-région. Notre armée pourra enfin entreprendre la libération des régions du Nord du pays », renchérit Théophile Koné, un étudiant en Droit à l’université de Bamako.

Dans la capitale malienne, de nombreux habitants ne croient plus au dialogue avec les forces occupantes. Pourtant le Haut conseil islamique, la plus importante organisation musulmane du pays dirigée par l’Iman Dicko, va se rendre cette semaine dans les quatre régions du nord du pays. Cela afin de discuter avec le Mujao, le MNLA et Ançar Dine sur les modalités d’une résolution pacifique du conflit.

Une démarche qui s’inscrit en droite ligne de la volonté du président de la transition, Dioncounda Traoré, qui dans son discours à la nation à l’occasion du 52e anniversaire de l’indépendance du Mali, ex-colonie française, a invité les groupes armés au dialogue. Une proposition accueillie avec une certaine réserve par les insurgés. Cet accord inespéré entre le Mali et la Cedeao intervient à trois jours seulement de la rencontre onusienne sur la sécurité au Sahel à New York.

Lire aussi :

 Mali : l’ombre du Nord-Mali plane sur le 52e anniversaire de l’indépendance

 Reconquête du Nord-Mali : la France soutiendra Bamako

 Nord-Mali : Cheikh Modibo Diarra presse la communauté internationale