Nord-Mali : Cheikh Modibo Diarra presse la communauté internationale

En visite à Paris, le Premier ministre malien Cheikh Modibo Diarra demande à la communauté internationale d’agir au plus vite, en lui fournissant une aide logistique. Il souhaite ainsi libérer le Nord-Mali, contrôlé par les islamistes depuis le mois de mars. Par ailleurs, les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest se sont rencontrés ce lundi à Abidjan, la capitale de la Côte d’Ivoire, pour statuer sur les modalités d’une intervention militaire.

Les divergences persistent entre Bamako et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). En visite à Paris, le Premier ministre malien Cheikh Modibo Diarra invite la communauté internationale à agir au plus vite. « Le temps est du côté des terroristes. Plus nous prenons du temps, plus ils ont l’opportunité de faire des dégâts, de s’enraciner, de peaufiner leur stratégie », s’est insurgé le Premier ministre auprès de l’AFP. Et de poursuivre : « Je demande beaucoup plus de fermeté de la communauté internationale, et surtout qu’on prenne une décision. »

Le président de la transition, Dioncounda Traoré a également enjoint la Cedeao d’apporter un soutien logistique au Mali en cas d’intervention militaire : « Le Mali ne souhaite pas le déploiement de forces militaires combattantes étrangères sur son territoire mais sollicite l’aide de l’Afrique de l’Ouest, notamment au plan logistique, pour récupérer le Nord aux mains d’islamistes. »

Cedeao et Bamako en ordre dispersé

Les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine de la Cedeao se sont, eux-aussi, rencontrés ce lundi à Abidjan, la capitale de la Côte d’Ivoire, pour statuer sur les modalités d’une intervention militaire. La réunion avait pour objectif de trouver un terrain d’entente entre la Cedeao et les autorités maliennes. Mais pour l’heure, les divergences restent intactes.

Les responsables militaires africains estiment qu’une intervention armée nécessite du personnel civil et militaire. Le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne, reçu à l’Elysée mardi par le président français François Hollande, partage le même avis.

Or, Bamako préfère que la base de la Cedeao s’installe en banlieue de la capitale malienne et se concentre uniquement sur la protection de son personnel civil et militaire. Comme le confirme encore Cheikh Modibo Diarra, « Nous avons suffisamment de troupes, ce qui nous manque c’est le renseignement, l’aspect logistique et la formation […], le Mali aura aussi besoin de logistique, d’armes, de formation et de renseignement pour la phase de reconquête du nord. »

La Cedeao, réunie à Abidjan, prendra sa décision cette après-midi. Le Premier ministre Cheikh Modibo Diarra devait également rencontrer ce jeudi le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius et le président François Hollande, pour discuter de la situation au Nord-Mali.

Lire aussi :

 Intervention militaire au Mali : les divergences persistent entre Bamako et la Cedeao

 Mali : la Cedeao prépare les modalités de l’intervention militaire