Intervention militaire au Mali : les divergences persistent entre Bamako et la Cedeao

L’intervention militaire au Mali peine à se dessiner. Bamako et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ne sont toujours pas en accord sur la question.

Le temps presse. Mais les points de divergences persistent entre Bamako et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) concernant l’intervention militaire au Nord-Mali. Le point de blocage ? Bamako refuse la présence de troupes militaires étrangères dans le pays. En effet Dioncounda Traoré, le président de transition, a précisé dans sa requête adressée à l’organisation ouest-africaine que le Mali souhaite uniquement qu’un soutien logistique : « Le Mali ne souhaite pas le déploiement de forces militaires combattantes étrangères sur son territoire mais sollicite l’aide de l’Afrique de l’Ouest, notamment au plan logistique, pour récupérer le Nord aux mains d’islamistes ».

Le Mali dirigé par Sanogo ou Traoré ?

Un projet irréaliste selon les responsables militaires africains réunis depuis lundi à Abidjan pour se pencher sur la question. Ils estiment qu’une intervention militaire nécessite du personnel civil et militaire. Le président Burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne, reçu à l’Elysée mardi par le président français François Hollande, partage le même avis.

Le capitaine Amadou Sanogo, chef des putschistes, est l’architecte du refus de la présence de troupes dans le pays. Et Dioncounda Traoré s’est aligné à sa volonté. Depuis qu’ils ont renversé Amadou Toumani Traoré, les putschistes sont toujours très influents à Bamako. Au point que certains dirigeants africains se demandent qui dirige véritablement le Mali ?

D’autres vont plus loin, affirmant que les autorités du pays ne se rendent pas compte de la gravité de la situation. Les islamistes, qui occupent le Nord depuis avril, attendent de pied ferme cette éventuelle intervention militaire. Ils se disent prêts à se battre jusqu’à la dernière goutte de leur sang.

Alors que les palabres continuent au plus haut sommet de l’Etat malien, les islamistes renforcent leurs positions dans le Nord. Leur but ? Faire de la région leur sanctuaire pour mener à bien leurs projets.

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