
Le Sénégal attendait sa première médaille d’or depuis l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse, le 31 octobre. Elle est arrivée ce samedi 7 novembre sur le sable de Saly Beach West, et une deuxième a suivi dans la foulée. Élisabeth Diatta s’est imposée en finale des moins de 55 kg face à la Japonaise Kojima Reisa. Peu après, Maguette Diop a remporté celle des moins de 80 kg, pour la première apparition olympique de la lutte de plage.
Le Sénégal décroche ses premières médailles d’or. Les deux titres sont tombés en fin d’après-midi, devant un public entièrement acquis aux lutteurs locaux. Deux figures de l’arène, Modou Lô et Franc, avaient fait le déplacement à Saly pour soutenir la sélection. Le tournoi réunit 96 athlètes issus de 52 comités nationaux olympiques, répartis dans huit épreuves. Le Sénégal y a engagé huit lutteurs, quatre filles et quatre garçons, un par catégorie.
Une équipe féminine née en Casamance
Le parcours d’Élisabeth Diatta mène loin de la Petite-Côte. Les quatre lutteuses de la sélection viennent toutes du département d’Oussouye, dans la région de Ziguinchor, des localités de Mlomp, Boucotte Ouoloff et Essoukoudiack. Outre la championne, l’équipe compte Ndèye Khady Anna Diatta en moins de 45 kg, Mery Manga en moins de 65 kg et Élisabeth Ebedo Diatta en moins de 75 kg. Âgée de 17 ans, Ndèye Khady Anna Diatta est aussi porte-drapeau.
En Basse-Casamance, la lutte se pratique aussi chez les filles, une particularité que l’on retrouve rarement ailleurs dans le pays. Les sélectionnées sont issues de ce vivier local. Le titre de ce samedi récompense un travail parti des écuries de village. Ces médailles ont une histoire récente. En août, la sélection a disputé à Bakou, en Azerbaïdjan, un championnat du monde de lutte de plage chez les jeunes.
De Bakou à Saly
Les garçons y ont pris la troisième place par équipes et les filles la quatrième. Élisabeth Diatta et Maguette Diop avaient alors terminé quatrièmes de leur catégorie, au pied du podium. Trois mois plus tard, à domicile, tous les deux ont franchi la marche qui leur manquait.
L’encadrement a misé sur l’expérience. Notamment le rôle d’Isabelle Sambou, qui a représenté le Sénégal aux Jeux olympiques de Londres en 2012 et de Rio en 2016, auprès du groupe. La discipline, reconnue par l’Union mondiale de lutte depuis 2004, se dispute pieds nus et debout, dans un cercle de sable de sept mètres de diamètre. Les combats durent trois minutes. Les points s’obtiennent en projetant l’adversaire au sol ou en le poussant hors de l’aire.
La lutte sénégalaise face au format olympique
Pour le public sénégalais, l’épreuve rappelle la lutte traditionnelle, où faire tomber l’adversaire ou le sortir de l’arène reste l’objectif. La présence de Modou Lô et Franc à Saly montre la proximité entre les deux univers. Le format olympique impose pourtant ses propres codes : aucune frappe, des combats courts et un barème de points précis. Sur ce terrain, les lutteurs sénégalais ont obtenu, ce samedi, ce qu’aucune autre discipline n’avait encore offert au pays pendant ces Jeux.
Le tournoi de lutte de plage s’achève dimanche 8 novembre à Saly Beach West, avec les dernières finales des huit épreuves au programme. Le bilan complet de la discipline sera connu en fin de journée. Pour la délégation sénégalaise, ces deux titres arrivent à mi-parcours d’une quinzaine qui se termine le 13 novembre. Ils donnent aussi aux villages d’Oussouye, d’où sont parties les quatre lutteuses de la sélection, une place inattendue dans l’histoire olympique de leur pays.








