Lumumba, les excuses belges

Le ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel, a présenté ses « excuses » et ses « profonds et sincères regrets » au peuple congolais pour le rôle de son pays dans la mort, en 1961, du Premier ministre congolais Patrice Lumumba alors âgé de 36 ans.

La Chambre des représentants belge a conclu à la « responsabilité morale » de la Belgique dans l’assassinat, le 17 janvier 1961, de ce héros emblématique des indépendances africaines. Louis Michel reconnaît que Belgique avait fait montre d’un « manquement grave en termes de bonne gestion et de respect de l’Etat de droit ». En clair, Bruxelles a donné son feu vert aux fossoyeurs de Patrice Lumumba. Mobutu, en l’occurrence.

Responsable mais pas coupable. Considéré comme proche du bloc soviétique, le Premier ministre du Congo indépendant était sur la liste rouge de Bruxelles. Le gouvernement belge voulait le démettre. La suite, on la connaît. Arrestation, torture et assassinat… Son exécuteur, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat, en fera un héros national. Ironie de l’Histoire. Si Bruxelles assume sa responsabilité morale, elle réfute catégoriquement son implication dans l’assassinat. Pourtant, l’historien De Witte, à l’origine de la commission d’enquête, n’en démord pas : la Belgique est bien derrière la disparition brutale de Patrice Lumumba.

Passé colonial.

Le fantôme Lumumba a longtemps rappelé au petit royaume européen son sombre passé colonial. Le volontarisme politique de Bruxelles en République démocratique du Congo peut aussi s’expliquer par son désir de rachat. Le fils de l’ancien homme politique, François Lumumba, salue le courage politique de Bruxelles. On ne peut qu’abonder dans son sens. Même si cette repentance a un goût d’inachevé. Assumer jusqu’au bout. Mais comment réparer ?