RDC : les enfants de Lumumba réclament justice

Les enfants de Patrice Lumumba vont porter plainte à Bruxelles contre douze belges soupçonnés d’avoir participé à son assassinat alors que la RDC s’apprête à célébrer le cinquantenaire de son indépendance.

Au moment où la République démocratique du Congo (RDC) s’apprête à fêter le 50e anniversaire de son indépendance (le 30 juin), les fils de l’ancien Premier ministre congolais Patrice Lumumba ont annoncé poursuivre en justice douze Belges qu’ils soupçonnent de complicité dans son assassinat en 1961. Le héros de l’indépendance de l’ancien Congo belge est « un père que je cherche, un père que j’aime toujours, et je veux savoir pourquoi il a été tué », a expliqué, lors d’une conférence de presse mardi à Bruxelles, son fils cadet Guy, l’un des membres de la famille Lumumba à l’origine de cette plainte, qui sera déposée en octobre au pénal à Bruxelles.

« Crimes de guerre »

L’avocat de la famille Lumumba, Christophe Marchand, qui a refusé de révéler l’identité de ces douze personnes, a indiqué que la plainte vise « les assassins : en Belgique, ils sont douze, ils sont vivants et nous voulons qu’ils répondent de ces actes ignobles devant la justice ». Il a expliqué qu’elles étaient « présentes à ce moment-là » au Katanga (sud-est), la province où Patrice Lumumba a été assassiné le 17 janvier 1961, peu après son transfert de Léopoldville (l’actuelle Kinshasa), dans des circonstances restées floues. Une enquête, diligentée par une commission parlementaire belge, avait conclu en 2002 à «responsabilité morale» de la Belgique dans la mort du héros de l’indépendance du Congo. Le royaume avait alors présenté des excuses officielles à la Belgique. Les douze hommes, parmi lesquels figurent d’anciens policiers, militaires et fonctionnaires belges, seront poursuivis pour des faits présumés de « crimes de guerre », donc imprescriptibles, estime l’avocat.

Patrice Emery Lumumba fut le premier Premier ministre du Congo-Kinshasa de juin à septembre 1960. Après la prise du pouvoir par Joseph-Désiré Mobutu, il fut assassiné par des responsables du Katanga avec le soutien de la Belgique. L’annonce de la plainte contre les douze hommes soupçonnés d’avoir participé à son assassinat intervient au moment où le roi Albert II s’apprête à se rendre au Congo, le 30 juin, pour fêter le cinquantenaire de l’indépendance de l’ancienne colonie belge.