Libye : les ministères pris en otage

Plusieurs ministères, ainsi que le siège de la télévision nationale libyenne, ont été encerclés ce dimanche par des dizaines d’hommes armés. Une situation qui met, une fois de plus, en avant la prolifération des armes dans le pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

La journée de dimanche en Libye a été marquée par l’invasion et le sabotage de plusieurs ministères, dont celui de l’Intérieur. La télévision nationale libyenne n’a elle non plus pas été épargnée. Plusieurs groupes d’hommes armés ont en effet pris d’assaut ou encerclé les institutions. Le Premier ministre Ali Zeidan s’est indigné du comportement de ces miliciens. « Il y a des gens qui veulent déstabiliser le pays et terroriser les étrangers et les ambassades. J’espère que les citoyens leur feront face », a-t-il déclaré à la presse.

La cause de ce nouveau remue-ménage ? Ces milices réclament l’adoption rapide d’une loi qui exclurait les anciens responsables qui régnaient sous le régime de Mouammar Kadhafi, désormais relogés dans la nouvelle administration. Malgré les revendications « légitimes », des responsables politiques ont pointé du doigt des méthodes « extrêmement offensantes » qui ne nécessitent pas de « paralyser le travail de tout un ministère ». Une revendication que le gouvernement aura toutefois beaucoup de difficultés à faire appliquer au risque de créer l’effervescence au sein de la classe politique libyenne.

D’importantes quantités d’armes

Ces nouveaux incidents prouvent l’importante prolifération des armes en Libye. Les rebelles ont été armés pour combattre l’ancien régime mais n’ont, à ce jour, toujours pas déposé les armes. Dans certaines localités du pays, ce sont les miliciens qui font régner l’ordre ou qui sèment la terreur en raison de l’inorganisation des forces de l’ordre. Même la capitale, Tripoli, qui jusque-là été épargnée par l’instabilité ne l’est visiblement plus depuis l’attentat à la bombe commise le 23 avril dernier contre l’ambassade de France. Les observateurs estiment que l’instabilité en Libye ne devrait pas cesser tant que le Nord-Mali abritera des djihadistes qui traversent le Sahara pour se rendre en Algérie et en Libye.

L’accès facile aux ministères et autres institutions de l’Etat par les groupes armés témoignent du manque d’autorité que tente d’imposer le gouvernement. Toutes ces actions rebelles mettent en exergue un nouveau pouvoir mal en point arrivé il y a dix-huit mois aux commandes du pays.