Les rumeurs les plus folles circulent autour de la mort de Joëlle C

Depuis la nuit du 14 février 2008, Séka Yaba Joëlle, artiste ivoirienne de 38 ans, s’est endormie à jamais dans les bras du néant. Si la mort est un passage obligé pour tout être vivant, la règle ne semble pas faite pour Joëlle C. Certains de ses fans, parents et amis continuent de “broder” toutes sortes d’histoires sur les causes réelles de son décès.

Notre correspondante à Abidjan

Chaque jour en Côte d’Ivoire, depuis l’annonce de son décès, des scénarii relatant les causes de la disparition de celle qui s’est faite baptiser Joëlle C (pour son dévouement à la religion chrétienne), sont montés, défaits, relookés et revus selon la convenance de chacun.

Le plaidoyer de la Pisam, l’hôpital où elle avait été internée

Pour certains, Joëlle C, qui a été déclaré « décédée des suites d’une insuffisance rénale », ne serait pas morte de ce mal. Joëlle serait donc décédée, selon ces personnes, à cause « de la négligence et du manque d’expérience » des médecins de la Polyclinique Internationale Sainte Anne Marie (Pisam), où l’artiste a rendu l’âme quelques heures après y avoir été admise. Un établissement pourtant reconnu pour la qualité des soins et également pour avoir hébergé des sommités et des autorités politiques de Côte d’Ivoire. En réponse donc à cette « grave accusation », les médecins de cet établissement sont montés au créneau, il y a quelques jours, pour faire mentir la rumeur.

Le médecin indexé, a d’abord déclaré que « Joëlle C est arrivée très affaiblie dans notre établissement », et que la dialyse qui avait été recommandée après une prise en charge présidentielle n’a pu être faite. Il fallait, avant, réanimer la malade qui avait un pouls très faible. C’est donc dans le service de réanimation, en tentant en vain de faire reprendre ses esprits à l’artiste et avant d’entamer la dialyse, qu’elle a malheureusement rendu l’âme.

Quand Dieu s’en mêle

Après cet épisode, de nouvelles rumeurs vont nourrir la polémique à Abidjan. Cette fois, il s’agit de révélations faites par le prophète Henri Kouassi Kan. Cet homme qui dirige une église évangélique située à Abobo, un quartier populaire de la capitale d’Abidjan, a fait des révélations sur le milieu des artistes ivoiriens et l’atmosphère délétère qui y prévaut. Dans ce rapport qui défie la chronique, le prophète revient sur les décès de Allan DJ et Ruth Tondey, deux autres jeunes artistes ivoiriens décédés dans des conditions que la population et leurs fans ont targuées de « surnaturelles ».

Le prophète, qui est revenu sur la disparition de Joëlle C qu’il aurait prédite dans sa chapelle depuis le mois de janvier 2007, a par la suite annoncé les décès imminents de Bétika, une artiste ivoirienne qui a cartonné en 2005 et celui de Gadji Céli saint Joseph, ex capitaine de l’équipe de football ivoirienne vainqueur de la coupe d’Afrique des Nations 92 au Sénégal, aujourd’hui converti artiste et président de l’union nationale des artistes de Côte d’Ivoire (Unartci). Selon le prédicateur, « c’est la volonté de Dieu ».

L’hypothèse d’un mal incurable évoquée

L’atmosphère est donc très tendue en ce moment à Abidjan. Et la polémique continue de faire des vagues. La dernière en date est l’hypothèse d’un mal incurable que l’artiste Joëlle C aurait tenté de cacher. On parlerait donc du Vih/Sida. Un mal qui aurait, selon ces « spécialistes » pour signe avant coureurs, la tuberculose, l’insuffisance rénale, le zona etc.

Déclarée décédée d’insuffisance rénale, il ne fallait pas mieux pour que tous pensent que Joëlle C souffrait en secret de ce mal. Comme elle, plusieurs artistes décédés en ont fait des frais. Pour ceux qui ont la chance de revenir de plusieurs mois de maladie, on dit qu’ils ont pris les anti-retro viraux à temps. C’est la tendance en Côte d’Ivoire, on ne meurt jamais de mort naturelle. Il y a toujours quelque chose à redire et, surtout, l’hypothèse du Sida est toujours sur la liste dressée.

Le Burida et l’Unartci entrent en guerre

Comme si toutes ces rumeurs ne suffisaient pas à ternir l’image de celle qui a pourtant depuis le début de sa carrière en 2002, inscrit dans l’histoire de la musique ivoirienne, des albums de belle facture, l’union nationale des artistes de Côte d’Ivoire (Unartci) et le Bureau ivoirien des droits d’auteur (Burida) se mettent dans la danse. Gadji Céli et Armand Obou, l’administrateur provisoire du Burida sont dans une guerre sans merci. Chacun de son côté veut s’auto saisir des obsèques. L’Unartci reproche au Burida de ne pas payer les droits d’auteurs aux artistes et donc d’être à la base de leurs décès. Le Burida, quant à lui, estime en tant que responsable de la gestion des droits d’auteurs des artistes qu’il doit prendre les choses en main pour que tout se passe bien pour les obsèques.

Ajoutés à ceux des parents et manager, le décès de Joëlle C a réveillé beaucoup de problèmes. C’est bien dommage, car aurait pu inhumer tranquillement « La Princesse Attié », juste par respect pour sa mémoire, plutôt que de s’affronter ou de répandre les rumeurs les plus folles sur les raisons de sa disparition.

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